José-Manuel Barroso sait promettre ce qu’il faut, quand il le faut. Dans sa lettre envoyée aux vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement avant le Sommet européen qui s’est ouvert jeudi soir et s’achève vendredi, le président de la Commission européenne a fait sienne les demandes franco-allemandes pour plus de régulation financière internationale, sur la base du rapport présenté fin mai par Jacques de Larosière et complété par les propositions du Belge Alexandre Lamfalussy. «L’Europe doit prendre une position de pointe dans cet effort» propose l’ancien premier ministre portugais qui devait, jeudi soir, présenter les grandes lignes de son programme 2009-2014 lors du diner. Une sorte de «grand oral» qui illustre, selon ses détracteurs, la pression exercée sur son prochain mandat par certains grands pays de l’UE.

Le sommet européen de Bruxelles devrait d’ailleurs engendrer la première étape de ce processus, en donnant à la Commission «un mandat clair» pour créer en urgence la création de deux institutions: un comité européen du risque systémique, organisé autour de la Banque Centrale Européenne (BCE). Et un système européen des superviseurs.

La question des compétences de ce dernier risque en revanche de n’être pas tranchée. Si une majorité de pays de l’UE est favorable à l’attribution d’un pouvoir de médiation à cette future instance supra-nationale, pour lui permettre d’intervenir en cas de désaccord entre superviseurs nationaux, l’hostilité du Royaume-Uni, première place financière européenne située hors de la zone euro, y fait toujours obstacle. Le projet de conclusions du sommet, disponibles avant l’ouverture des débats, n’entre d’ailleurs pas dans ce niveau de détail.