Le président français, Jacques Chirac, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont défini mardi une séquence de relance des institutions européennes, s'étendant de la présidence allemande de l'Union européenne début 2007 à la fin de la présidence française, fin 2008. A l'issue de cette période, a assuré Angela Merkel, «il faudra arriver à une décision» sur le Traité constitutionnel, rejeté par plusieurs pays dont la France, mais adopté par la majorité des 25 Etats membres de l'Union européenne.

La chancelière a reçu Jacques Chirac au château de Rheinsberg, à 80 km au nord de Berlin, pour un sommet informel dans l'ancienne RDA d'où est originaire la chancelière.

Les deux dirigeants ont reconnu mardi la nécessité de la pause actuelle pour réviser le Traité constitutionnel. «Nous sommes d'accord pour dire que le Traité constitutionnel reviendra à l'ordre du jour pendant la présidence allemande, après une pause de réflexion», a déclaré la chancelière lors d'une conférence de presse.

Jacques Chirac a assuré qu'il faisait «confiance à la présidence allemande pour lancer le train dans la bonne direction». La présidence allemande de l'UE sera chargée de récolter les propositions sur les institutions, et d'en faire une «synthèse», a indiqué le chef de l'Elysée, ajoutant qu'en attendant, «la France propose d'améliorer le fonctionnement des institutions (européennes) en fonction des traités existants». Les Français ont rejeté le 29 mai 2005 la Constitution européenne, bloquant de facto le processus de ratification.

«Une certaine difficulté»

«Nous sommes dans une certaine difficulté dont nous sortirons, naturellement», a assuré le président français, tandis qu'Angela Merkel se refusait à prédire l'issue de la «phase de réflexion» en cours.

Jacques Chirac et Angela Merkel ont récusé l'idée que l'Europe était «en panne», citant les accords sur le budget, qui financent notamment l'élargissement de l'Union, ainsi que la mise à plat de la directive Bolkestein sur les services, et la politique européenne de l'énergie.