Qui sont les FARC?

Le mouvement des Forces armées révolutionnaires de Colombie est né lors de la sévère répression d’une insurrection paysanne en 1964. Des paysans avaient cherché à prendre le contrôle de territoires en périphérie du pays appartenant à de gros propriétaires terriens.

D’idéologie marxiste, les FARC ont été combattues au fil des années par l’armée et la police colombiennes et par des groupes paramilitaires d’extrême droite. Elles se sont financées en prélevant des taxes aux narcotrafiquants pour les laisser opérer sur leurs territoires et en enlevant des civils contre rançon.

Le conflit a fait plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés. L’essentiel des exactions serait cependant à mettre sur le compte des paramilitaires soutenus par les cartels de la drogue, les grands propriétaires terriens et l’armée. Les combattants des FARC seraient encore 6000 à 9000 aujourd’hui.

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Que dit l’accord négocié entre la Colombie et les FARC?

Il comprend essentiellement 6 points:

1. La fin des affrontements, avec le désarmement des guérilleros sous supervision d’une mission de l’ONU. Les autorités se sont aussi engagées à combattre les gangs issus des milices paramilitaires qui se sont battues contre les FARC.

2. La sortie, sans armes, des guérilleros des zones où ils se trouvent.

3. Une réparation morale et matérielle des victimes, et une sanction pour les responsables de crimes graves. Des tribunaux spéciaux doivent être créés pour juger les guérilleros, les agents de l’Etat et les particuliers impliqués dans des exactions particulièrement graves. Il est cependant prévu que la grande majorité des guérilleros soient amnistiés ou bénéficient de peines alternatives comme des restrictions de liberté à la condition qu’ils passent aux aveux.

4. Un minimum de cinq sièges à la Chambre des députés et cinq sièges au Sénat seront attribués aux FARC. Ces dernières pourront se présenter aux élections de 2018.

5. Une réforme agraire a été promise par le gouvernement qui répartirait des terres lui appartenant à de petits propriétaires, leur donnerait accès à des crédits et créerait des services basiques en zones de conflit.

6. La fin des cultures illicites dans les zones d’influence des FARC, notamment de coca, assortie de sources alternatives de revenus pour les paysans et d’un programme de santé publique, afin de lutter contre le narcotrafic.

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Quels sont les points qui posent problème?

La droite radicale et une partie des victimes du conflit exigent de voir les responsables des crimes les plus graves purger des peines de prison – au lieu d’une simple «restriction de liberté» – et refusent de les voir entrer au parlement. L’ex-président colombien Alvaro Uribe, farouche opposant à l’accord de paix, a réclamé dimanche 5 à 8 années de prison ferme pour tous les guérilleros coupables de crimes graves.

La réforme rurale approuvée par le président Santos, qui prévoit la redistribution aux paysans de 3 millions d’hectares appartenant à la nation, ou expropriés à des trafiquants, fait également frémir le secteur agro-industriel et les grands propriétaires et éleveurs.

Qui a négocié ce traité?

Ce traité a été négocié par des représentants des FARC et du gouvernement pendant quatre ans à Cuba sous l’égide de La Havane et de la Norvège avec l’assistance du Venezuela et du Chili.

Où en est le processus de paix?

Le traité a été refusé par une courte majorité de la population lors d’un référendum, mais le cessez-le-feu n’a pas été dénoncé. Dès aujourd’hui, les négociations devraient reprendre à La Havane. Le président Santos est cependant de plus en plus impopulaire et la prochaine élection présidentielle a lieu dans un an et demi.