«J’ai ordonné un remaniement ministériel d’ici à une semaine pour répondre aux demandes de la révolution et refléter la volonté réelle du peuple», a déclaré M. Charaf dans un discours télévisé. Le premier ministre a aussi fixé une échéance au 15 juillet pour le renvoi des policiers accusés d’avoir tué des manifestants durant la révolte de janvier-février qui a fait chuter le régime de Hosni Moubarak.

Près de 850 civils avaient été tués et plus de 6000 blessés dans les affrontements survenus durant ces événements, selon des chiffres officiels.

M. Charaf a également demandé des «procès ouverts» et «conduits sans délai» pour les responsables de l’ancien régime accusés de corruption et pour les responsables de violences durant le soulèvement, afin de répondre aux critiques sur les lenteurs et l’opacité de la justice dans ces affaires.

Le premier ministre, dont l’arrivée à la tête du gouvernement en mars dernier avait été saluée par les mouvements anti-Moubarak, fait face aujourd’hui à une vague de contestation, de même que le haut conseil militaire qui assure la direction du pays.

Selon une source militaire, M. Charaf aurait demandé la démission de plusieurs ministres ayant eu des fonctions du temps de M. Moubarak, ainsi que du vice-premier ministre Yahia el-Gamal et du ministre de l’Intérieur Mansour Issaoui. L’armée aurait toutefois demandé le maintien de ce dernier.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus sur la place Tahrir du Caire et dans d’autres villes vendredi dernier pour réclamer davantage de réformes et de justice, cinq mois après la chute de M. Moubarak.

Des militants ont depuis continué d’occuper la place Tahrir, et des incidents ont eu lieu à Suez, la grande ville portuaire à l’entrée sud du canal du même nom. Des centaines de personnes ont également continué de mener des sit-in à Alexandrie, la deuxième ville du pays.

Plusieurs ministres de l’époque Moubarak ont été condamnés à des peines de prison ces derniers mois, mais de récentes relaxes dans des affaires de corruption ont provoqué la colère d’une partie de l’opinion, de même que des libérations sous caution de policiers accusés de meurtres de manifestants. Le procès du président Moubarak et de ses deux fils, Alaa et Gamal, doit s’ouvrir le 3 août prochain.