La nouvelle donne stratégique américaine a rendez-vous cet après-midi au bord du lac Léman. Après avoir obtenu hier le soutien de ses partenaires européens de l’Otan, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton rencontre à Genève son homologue russe Serguei Lavrov pour mettre à plat les relations russo-américaines. L’Iran et l’Afghanistan sont aussi au menu des discussions. 

Avant l’étape genevoise, Hillary Clinton aura auparavant été reçue dans la matinée au Parlement européen à Bruxelles. Preuve des grandes manœuvres en cours, le vice-président américain Joseph Biden, fin connaisseur des arcanes stratégiques européennes pour avoir longtemps présidé la commission des affaires étrangères du Sénat, sera à son tour à Bruxelles lundi et mardi pour parler de l’Afghanistan.

L’enjeu de l’Afghanistan

L’escale bruxelloise d’Hillary Clinton - qui participait jeudi à une réunion des chefs de la diplomatie des 26 pays membres de l’Otan - a confirmé que les révisions stratégiques s’accélèrent à Washington, en vue du sommet de l’alliance les 3 et 4 avril à Strasbourg-Kehl.

L’ex-première dame des Etats-Unis a convaincu ses partenaires de tenir le 31 mars une réunion ministérielle extraordinaire sur l’Afghanistan, à laquelle devraient être associé l’Iran et le Pakistan. D’autres pays contributeurs d’aide et, selon le département d’Etat américain, quelques grandes organisations humanitaires comme le Comité international de la Croix Rouge (CICR) seraient aussi invités. La Suisse, qui avait décidé fin 2007 de retirer ses deux officiers de la Force internationale d’assistance (ISAF) forte de 56’000 hommes, pourrait être conviée. C’est l’un des sujets que Hillary Clinton et Micheline Calmy-Rey pourrait évoquer lors de leur rencontre cet après-midi à Genève.

Iran: «Guère d’illustions»

Les deux autres questions qui domineront les rencontres genevoises de ce vendredi seront toutefois la Russie et l’Iran. Avec son homologue russe Serguei Lavrov, qu’elle rencontrera à l’hôtel Intercontinental, Hillary Clinton confirmera sa politique de la main tendue. Sur l’Iran, Hillary Clinton a réaffirmé hier n’avoir «guère d’illusions», mais l’ouverture de Washington n’en est pas moins réelle. «Des pourparlers officiels et en coulisses auront lieu dans les prochaines semaines», pronostiquait hier à Bruxelles un diplomate. Avec la Suisse dans le rôle potentiel d’émissaire: la Confédération représente en effet depuis des années les intérêts américains à Téhéran et a souvent servi de messager entre les deux pays.