Le verdict constitutionnel est très attendu parce qu’il conditionne la reprise de deux procès à Milan contre Berlusconi et car recommencer à comparaître en justice serait embarrassant politiquement pour le président du Conseil.

Selon les médias, la décision de la plus haute juridiction italienne ne devrait pas intervenir avant 15h00 suisses et le plus probable est que les 15 magistrats choisissent de ne pas rejeter ou approuver la loi dite d’»empêchement légitime» et s’orientent vers un compromis.

Ils pourraient, selon la presse, annuler seulement partiellement cette loi adoptée en avril dernier et valable jusqu’en octobre, en réduisant le champ d’action de l’immunité de M. Berlusconi à certains cas comme les conseils des ministres ou les sommets internationaux.

Lors d’une visite à Berlin mercredi à la veille du jugement, Berlusconi a assuré que cette décision le laissait «complètement froid».

A propos des deux procès à son encontre à Milan l’un pour fraude fiscale (procès Mediaset) et l’autre pour corruption de témoin (affaire Mills), Berlusconi a juré «sur la tête de ses enfants et petits-enfants» qu’il était innocent.

Berlusconi, 74 ans, a eu de nombreux démêlés avec la justice depuis son entrée en politique en 1993 mais n’a jamais été condamné définitivement.

Politiquement, une reprise des procès fragiliserait le Cavaliere alors que celui-ci dispose d’une majorité très étroite au parlement depuis la rupture totale avec son ex-allié Gianfranco Fini fin 2010.

Le mouvement anti-Berlusconi Popolo Viola (peuple violet, sans affiliation politique déclarée) a annoncé qu’il serait cet après-midi devant la Cour prêt à déboucher des bouteilles de mousseux si «finalement la Cour décidait que le principe +la justice est égale pour tous+ vaut aussi pour Berlusconi».