Les représentants des pays la Convention de l’ONU sur les changements climatiques (UNFCCC) doivent fixer un calendrier de travail jusqu’à la prochaine grand messe du climat, prévue dans la station balnéaire mexicaine de Cancun début décembre. «La réunion de Bonn sera cruciale pour rebâtir la confiance dans le processus, démontrer qu’il sera ouvert et transparent d’une part et efficace d’autre part», résume Yvo de Boer, secrétaire exécutif de l’UNFCCC.

Négocié à la dernière minute par une vingtaine de chefs d’Etat, l’accord de Copenhague est au coeur des débats. Le texte fixe comme objectif de limiter la hausse de la température de la planète à deux degrés, mais reste évasif sur les moyens d’y parvenir.

Engagements insuffisants

Une centaine de pays ont officiellement indiqué qu’ils soutenaient l’accord de Copenhague. Septante-cinq d’entre eux ont annoncé leurs engagements respectifs pour réduire ou limiter la croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. Des engagements chiffrés qui sont cependant insuffisants à ce stade pour se mettre sur une trajectoire de division par deux des émissions mondiales d’ici 2050 et ainsi espérer rester sous la barre des deux degrés.

Reste, toutefois, une question délicate: comment intégrer dans les négociations onusiennes ce texte de deux pages et demi dont les pays de la planète avaient simplement «pris note» à l’issue d’une ultime nuit de tractations chaotiques à Copenhague? «C’est compliqué, mais ne pas le faire, ce serait encore pire car cela voudrait dire qu’il y a un document soutenu par plus de 100 pays qui flotte sans statut précis», résume Brice Lalonde, ambassadeur de France sur le climat.

Combler le fossé

Au-delà de cette question, les délégués de l’ensemble des pays de la planète devront également s’interroger sur la façon de conduire les négociations à l’avenir. Et combler le fossé - criant dans les dernières heures de Copenhague - entre les négociateurs chevronnés d’un côté, enfermés dans des codes et des usages souvent incompréhensibles, et les dirigeants politiques de l’autre.

Mais il apparaît aussi de plus en plus clairement que les négociations sur le climat ne pourront se résumer aux discussions dans le cadre onusien, avec la multiplication d’autres rencontres sous d’autres formats. Début mars, une conférence internationale a réuni à Paris les représentants des pays des principaux bassins forestiers de la planète - Congo, Amazonie et Papouasie-Nouvelle Guinée.

Trois semaines plus tard, à Londres, se tenait la première réunion du Groupe consultatif sur le financement de la lutte contre le réchauffement, co-présidé par le premier ministre Gordon Brown et son homologue éthiopien Meles Zenawi.

Une rencontre en Suisse envisagée

La Suisse sera représentée à Bonn par l’ambassadeur Thomas Kolly, chef de la division Affaires internationales de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), a indiqué l’office jeudi dans un communiqué. Thomas Kolly avait déjà oeuvré à Copenhague à la tête de la délégation helvétique.

Prochaine date au calendrier: une réunion ministérielle qui se tiendra près de Bonn du 2 au 4 mai, sous l’égide des gouvernements allemand et mexicain, indique encore l’OFEV. Quelque 50 Etats y assisteront. La Suisse sera représentée par son ministre de l’environnement, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger.

La Suisse envisage aussi d’organiser chez elle une réunion préparatoire au sommet de Cancun au cours de la seconde moitié de cette année, a indiqué un porte-parole de l’OFEV. Cela s’était déjà produit en 2006, avant le sommet de Nairobi, a-t-il précisé.