A quelque 160 jours de l’élection à la présidence des Etats-Unis, le Parti républicain est sens dessus dessous. Motif de la crise: Donald Trump. L’incontrôlable candidat officiel du Parti républicain dont l’investiture doit encore être confirmée à la convention de Cleveland à partir du 18 juillet, insiste. Le juge fédéral chargé de traiter de l’affaire de fraude relative à la Trump University n’est pas objectif parce qu’il est «Mexicain». Au même titre qu’un juge musulman, il ne peut pas, selon le milliardaire new-yorkais, être impartial. Ces attaques ont provoqué une onde de choc dans tout le pays. Mais elles ont surtout mis les républicains dans le plus grand embarras.

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Le conservateur Newt Gingrich, pourtant pressenti pour la vice-présidence sur le ticket de Trump, s’est lâché: «C’est la plus grave faute commise par Donald Trump» dans cette campagne électorale. Ces propos sont «inexcusables». Dans le camp républicain, les diatribes de Donald Trump contre le juge Gonzalo Curiel, passent mal. Ce dernier est né aux Etats-Unis, dans l’Indiana, de parents mexicains. Remettre en question sa loyauté à l’Amérique, c’est remettre en question la Constitution même, estime-t-on. Nommé procureur en Californie par le gouverneur de l’époque, le républicain Arnold Schwarzenegger, Gonzalo Curiel s’est particulièrement distingué en combattant d’une main de fer les barons des cartels… mexicains de la drogue. Il a même dû vivre sous escorte en raison de menaces de mort. En 2011, il a été promu au poste de juge fédéral par Barack Obama.

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Seize candidats ont été incapables de stopper l’ascension de Donald Trump. Nombre de républicains qui s’étaient montrés très critiques de l’ex-star de la téléréalité ont finalement choisi de se rallier derrière lui. Ils voteront pour lui à la présidentielle en se bouchant le nez envers et contre tout.

Président de la Chambre des représentants, Paul Ryan illustre les contorsions du Parti républicain: «Prétendre qu’une personne ne peut pas faire son travail en raison de son ethnicité relève du cas d’école d’un commentaire raciste. Je pense que cela doit absolument être désavoué», a-t-il déclaré mardi avant de justifier son soutien au candidat controversé: «Il est plus probable que notre politique soit appliquée avec lui qu’elle ne le soit avec (Hillary Clinton).»

Pour l’élite du Parti républicain, cet épisode est la preuve qu’on ne changera pas Donald Trump. Un fait qui pourrait coûter cher aux républicains lors de la présidentielle et des élections pour le Congrès. Après la défaite de Mitt Romney en 2012, le Grand Vieux Parti avait pourtant établi son rapport «d’autopsie», relevant qu’il était impératif de chercher à attirer un nombre accru de minorités, en particulier les Hispaniques. La leçon a vite été oubliée.