États-Unis

Les républicains sauvent l’honneur de justesse lors d’une élection partielle dans l’Ohio

Ce scrutin très serré, qui a vu triompher Troy Balderson, est perçu comme un signal très encourageant pour les démocrates avant les législatives

Donald Trump en tête, les républicains américains se sont lourdement mobilisés pour conserver une circonscription ancrée à droite depuis des décennies. Après le dépouillement des urnes dans l’Ohio, le républicain Troy Balderson menait 50,2% contre 49,3% pour le démocrate Danny O’Connor dans cette course pour un siège à la Chambre des représentants à Washington, selon les autorités locales dans la nuit de mardi à mercredi.

Mais le vainqueur n’avait pas été désigné officiellement, plusieurs milliers de votes par correspondance et bulletins provisoires restant à dépouiller. Peu importe, le bouillant président n’a pas attendu l’annonce officielle pour féliciter Troy Balderson… tout en s’attribuant sa nette remontée après des sondages inquiétants.

Donald Trump avait fait le déplacement samedi pour appuyer son candidat et multipliait, depuis, les tweets de soutien. Son vice-président, Mike Pence, deux de ses fils, Eric et Donald Jr., s’étaient fendus de leurs propres messages mardi.

«Après mon discours samedi soir, il y a eu un gros retournement positif. Maintenant Troy remporte une grande victoire à une époque difficile de l’année pour les élections», s’est-il réjoui sur Twitter. Troy Balderson a remercié le président, devant ses supporteurs. «L’Amérique est sur la bonne voie et nous allons y rester», a-t-il lancé.

L’inquiétude chez les républicains

Mais cette courte victoire républicaine lors du dernier duel avant les législatives cruciales de novembre ne suffit pas à effacer l’embarras d’avoir été mis en difficulté dans un bastion si fidèle. Les dix points d’avance du mois de juin de Troy Balderson, 56 ans, se sont évaporés dans cette banlieue aisée de la capitale de l’Etat, Columbus.

Pour le statisticien spécialiste des élections américaines Nate Silver, «une victoire au cordeau n’est pas une bonne nouvelle pour les républicains ce soir». Si le scénario se reproduit à l’automne dans «des circonscriptions similaires, les républicains vont certainement perdre la Chambre», a-t-il écrit sur le site FiveThirtyEight.

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«Cette course ne devrait même pas avoir été disputée […] je suis très inquiet, a lancé un ancien élu républicain de la Chambre, Charlie Dent, sur CNN. Il est évident que l’énergie est du côté démocrate.»

En effet, l’Ohio fait partie des «swing states», ces Etats clés de l’élection présidentielle américaine. Donald Trump y avait devancé la candidate démocrate Hillary Clinton de huit points en 2016 et de onze points dans la circonscription en jeu mardi. L’élection partielle a été déclenchée par le départ imprévu de l’élu républicain en place depuis plus de quinze ans.

Un retour de la vague bleue

Le 6 novembre, les 435 sièges de la Chambre des représentants, un tiers (35) du Sénat et les postes de gouverneur de 36 Etats seront en jeu. Les démocrates ont plus de chance de faire basculer la majorité à la Chambre qu’au Sénat, mais ils doivent pour cela arracher 23 sièges aux républicains. Ils pourraient alors sérieusement entraver les politiques de Donald Trump et multiplier leurs efforts pour le pousser hors de la Maison-Blanche.

Or les démocrates ont déjà remporté ces derniers mois plusieurs trophées électoraux marquants, en battant ou en mettant en sérieuses difficultés des républicains dans des territoires d’ordinaire favorables, comme le sud-ouest de la Pennsylvanie et l’Alabama.

Face au risque de voir sa majorité basculer, Donald Trump sillonne le pays pour soutenir les candidats républicains, moquant les prédictions. «Ils parlent d’une vague bleue. Je n’y crois pas», a ainsi tonné le président américain samedi, en référence à la couleur des démocrates aux Etats-Unis.

Des primaires avaient également lieu mardi dans le Michigan, le Missouri, l’Etat de Washington et le Kansas pour désigner un candidat au poste de gouverneur. Donald Trump y a apporté son soutien à un candidat qui menaçait dans la nuit de ravir la place du gouverneur républicain sortant.

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