«Casser les codes. Faire venir des gens qui n’ont jamais fait de politique. […] Bousculer tout un paysage politique dans un domaine où il n’y a pas vraiment de prime aux nouveaux entrants.» Dans son livre Une Marcheuse en campagne (Albin Michel), Axelle Tessandier raconte ainsi, fin 2017, l’ambition du mouvement En marche! lancé le 6 avril 2016 par Emmanuel Macron. L’autrice est une cheffe d’entreprise devenue, durant les mois de campagne présidentielle, déléguée nationale de ce grand rassemblement dont les initiales sont aussi celles du futur candidat à l’Elysée.

«Livrés à nous-mêmes»

Cinq ans après? Plus de trace de son passage, ou presque, dans l’immeuble du mouvement-parti près de l’Opéra, à Paris. Depuis fin 2018, l’homme fort de cette formation née autour de l’ambition d’un homme est son délégué général, le député parisien Stanislas Guérini. Ceux qui, en 2016-2017, hantaient les bureaux de campagne de la rue de l’Abbé-Groult, près de la Porte de Versailles, à Paris, ne sont plus qu’un souvenir. «Après la victoire de Macron, nous avons été livrés à nous-mêmes, avec nos petits moyens», raconte la députée LREM des Alpes-Maritimes Alexandra Valetta, 44 ans, dans Tout ça pour ça – Ils voulaient tout changer, ils ont échoué (Ed. Plon), une enquête sur les nouveaux députés élus en juin 2017, soit 314 «marcheurs» sur 577 élus.