Législatives

Qui a résisté, ou pas, à La République en Marche?

L’entrée en vigueur du non-cumul strict des mandats pour les députés avait conduit de nombreuses vedettes politiques françaises à se replier sur leurs mandats locaux. Que s’est-il passé pour celles qui ont bravé les urnes?

Son ralliement à Emmanuel Macron l’a sauvé et ressuscité. Le ministre de l’Economie français Bruno le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite, devrait être facilement réélu dans sa circonscription de l’Eure où il est arrivé nettement en tête avec 45% des voix. Les électeurs ne lui ont donc pas tenu rigueur de son abandon des «Républicains», ce parti qu’il voulait présider (30% des voix en novembre 2015, face à Nicolas Sarkozy).

Une autre personnalité souvent citée de la «Macronie» sort adoubée par ses électeurs, malgré la controverse qui l’entoure: le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand. Dans sa circonscription du Finistère, ce dernier est aussi devant, avec 34% des suffrages, bien placé pour l’emporter au second tour. Preuve du raz de marée Macron: tous les ministres du gouvernement qui briguaient un siège de député se retrouvent au second tour, bien placés pour l’emporter.


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La longue liste des perdants

Du côté des perdants, la liste est longue, surtout à gauche. Parmi les personnalités battues dès le premier tour figurent le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et l’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon. Eliminé à Trappes (Yvelines), ce dernier ne renonce toutefois pas à se lancer dans la future bataille à l’assaut du PS.

Egalement battus à plate couture? Les ex-ministres socialistes Elizabeth Guigou, Jean Glavany, Mathias Fekl, les ministres sortantes issues des Verts Cécile Duflot ou Emmanuelle Cosse, ou le député sortant de Marseille Patrick Menucci, qui était opposé à Jean-Luc Mélenchon. L’ex-ministre socialiste de l’Education Najat Vallaud-Belkacem est en grande difficulté dans le Rhône alors que les personnalités socialistes ayant rallié la majorité présidentielle parviennent à s’en tirer. C’est le cas de l’ancien premier ministre Manuel Valls, arrivé en tête à Evry (Essonne), mais aussi des ex-ministres Stéphane Le Foll (Sarthe) et Marisol Touraine (Indre et Loire). A droite, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino est éliminé à Paris, alors que Nathalie Koscisusko-Morizot parvient à se qualifier de justesse pour le second tour. Sur le plateau de BFMTV, Henri Guaino a donné dans l’amertume extrême, parlant d’un électorat «à vomir».

Les surprises

Du côté des surprises, on peut noter à Amiens, ville d’origine du président français, le beau succès du journaliste et réalisateur François Ruffin, représentant de la gauche radicale, qui se qualifie en finale avec 21% des voix. Trois ténors du Front national peuvent aussi espérer l’emporter dimanche prochain: Marine le Pen, avec 45% dans le Pas-de-Calais est bien placée pour débarquer à l’Assemblée nationale. Son compagnon Louis Aliot avec 30,9% à Perpignan, et son bras droit Florian Philippot, en Moselle, sont qualifiés pour le second tour.

L’une des figures du FN, Nicolas Bay, est en revanche battu. Tout dépendra pour ces candidats frontistes de la configuration du second tour, et de la solidité du «Front républicain» que la droite et la gauche ont promis de mettre en œuvre pour faire barrage au FN.

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