L’essentiel

La Suisse comptabilise 6523 nouvelles contaminations en trois jours, soit une moyenne quotidienne à la baisse.

Ce lundi marque l’anniversaire du premier décès attribué à un coronavirus en Chine.

En Allemagne, en Autriche et en Suisse, des restaurateurs entrent en résistance et ouvrent ce jour, bravant les mesures covid.


■ Londres va déployer ses vaccinodromes

Le gouvernement anglais a publié ce lundi son plan de vaccination. Sept centres de vaccination massive ont ouvert ce lundi, où le gouvernement compte immuniser quelque 15 millions de personnes d'ici mi-février.

Ces centres de vaccination, établis dans des centres de conférence ou des stades de sport en Angleterre, notamment à Londres, Birmingham et Manchester, permettront de vacciner des dizaines de milliers de personnes chaque semaine, alors que le service de santé se prépare à ses «pires semaines de la pandémie», a prévenu le médecin-chef de l'Angleterre, Chris Whitty.


■ Moderna entame la distribution de son vaccin aux pays européens

A propos de Moderna (lire ci-dessous), la compagnie américaine indique en cette fin de journée qu'elle a commencé les livraisons en Europe de son vaccin, le deuxième à être autorisé dans la région après celui de Pfizer-BioNtech.

Toutes les expéditions du vaccin vers l'Union européenne et les pays de l'Espace économique européen, la Norvège et l'Islande, seront effectuées par l'entreprise suisse de logistique Kuehne+Nagel et proviendront de sa plate-forme pharmaceutique centralisée en Europe, précise Moderna. Celle-ci ne précise pas où se trouve cette plate-forme.

Les vaccins seront livrés à un point central décidé avec chaque État, à partir duquel les autorités du pays coordonneront la distribution à l'échelle nationale.

La distribution dans toute l'Union européenne est l'un des plus grands défis logistiques auxquels Moderna a dû faire face

souligne Dan Staner, vice-président et responsable de la région Europe pour l'entreprise américaine.

La production du principe actif du vaccin est donc assurée par Lonza en Valais, puis le vaccin est finalisé et mis en flacons par le sous-traitant pharmaceutique Rovi, en Espagne.


■ Visitant Lonza, Alain Berset insiste sur le fait que le pays «est bien positionné»

Le ministre de la Santé a visité le site de production de Lonza, qui va produire le vaccin de Moderna. Il a fait un point de situation sans trop s'avancer – des annonces de nouvelles mesures sont prévues pour ce mercredi 13 janvier.

Christophe Darbellay, président du gouvernement valaisan, rappelle qu'il y a près d'une année, «le Valais était dans l'une des pires situations du pays» s'agissant des contaminations. Aujourd'hui, «il faut se préparer à une situation toujours très difficile pendant plusieurs mois». Après la première vague «où le Conseil fédéral prenait la main, tout était simple», l'état s'est compliqué avec la deuxième vague.

Alain Berset commence par insister sur le fait que «la Suisse est bien positionnée» quant aux vaccinations – réaction, comme mercredi passé, aux polémiques sur les lenteurs nationales.

D'ici fin mars, 1,5 million de personnes auront pu être vaccinées. A ce moment-là la vaccination s'ouvrirait à tout le monde.

Le ministre précise qu'avec les commandes engendrées – Pfizer-BioNTech, Moderna, par la suite AstraZeneca - Oxford –, «nous avons [en théorie, à cette heure, ndlr] de quoi vacciner cinq millions de personnes».

Notre visite guidée de la ville: Viège, la ville qui vaccinera le monde


■ BioNTech veut augmenter massivement sa production

La société allemande de biotechnologie BioNTech a estimé lundi être en mesure de produire «2 milliards de doses» du vaccin contre le Covid-19 d'ici la fin 2021, nettement plus que le précédent objectif portant sur 1,3 milliard de doses.

La PME allemande, associée au géant américain Pfizer, est parvenue à cette nouvelle estimation en tenant compte du «nouveau standard» permettant d'administrer 6 doses par flacon au lieu de 5, selon un document publié ce lundi.

BioNTech compte également sur «l'expansion de ses installations actuelles», dont la mise en route, attendue fin février, d'un autre site de production européen, à Marbourg en Allemagne.


■ 6523 nouveaux cas en 72 heures

La Suisse compte 6523 cas supplémentaires de coronavirus en 72 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Et 112 décès supplémentaires sont à déplorer et 249 malades ont été hospitalisés.

Ces chiffres du week-end sont toujours à prendre avec prudence – il y a moins de tests pratiqués –, mais ce total de 6523 est bien inférieur à celui du lundi 4, qui était de 9665 pour quatre jours (soit 7248 pour trois jours).

En décembre, dans cette tranche de trois jours, le seuil des 10 000 a été dépassé à trois reprises (voir les chiffres en bas de cet article).

Durant les dernières 72 heures, les résultats de 55 026 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 11,85%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 45 004. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 520,59 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 1,00.

Depuis le début de la pandémie, 484 506 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 3 877 362 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s’élève à 7695 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 20’036.

Le pays dénombre par ailleurs 26 169 personnes en isolement et 33 530 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S’y ajoutent 5883 autres personnes revenant de voyage d’un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.


■ Le variant anglais était en Suisse déjà en décembre

Des chercheurs de Zurich et de Lausanne ont détecté le variant britannique du coronavirus dans des échantillons d’eaux usées à Lausanne et dans une zone de sports d’hiver non précisée, relate l’ATS. Il était présent en Suisse au moins deux semaines avant les premières découvertes cliniques.

Il faut préciser que l’étude n’a pas encore été revue par des pairs.

Repérée pour la première fois en Grande-Bretagne, la nouvelle souche de coronavirus est caractérisée par 17 mutations. Selon les estimations, ce variant se propagerait à une vitesse jusqu’à 50% plus élevée. Le Conseil fédéral a donc imposé une interdiction générale d’entrée depuis la Grande-Bretagne le 21 décembre.

Seulement voilà: la mutation britannique circulait probablement déjà en Suisse à cette époque. Les chercheurs de l’EPFL à Lausanne, de l’Institut de recherche sur l’eau Eawag et de l’ETH Zurich ont séquencé des fragments de coronavirus à partir de 48 échantillons d’eaux usées. Ceux-ci provenaient de stations d’épuration de Lausanne et de Zurich ainsi que de la station de montagne. Dans cinq échantillons, dont un daté du 9 décembre, les chercheurs ont détecté les empreintes de jusqu’à trois mutations simultanées, caractéristiques de la variante britannique.

Une signature qui n’avait été détectée dans aucun échantillon clinique avant le 24 décembre. Quatre des échantillons positifs du mutant britannique proviennent de Lausanne, un de la zone de sports d’hiver.


■ Berne et Zurich largement en tête des frondeurs, selon leur mouvement

Dans leurs statistiques, les hôteliers frondeurs indiquent que 27 enseignes seraient ouvertes à Berne et 25 à Zurich – aucune autre précision n’est donnée.

Il y aurait quelques sympathisants en Suisse romande, notamment Genève, Lausanne ou La Chaux-de-Fonds, mais là aussi, sans grande précision.


■ Des hôteliers bravent les autorités

Se soulevant contre l’interdiction d’exercer leur activité, plusieurs gérants ont décidé de braver les règles imposées par la Confédération et les cantons et d’ouvrir leurs portes ce lundi. Malgré un risque d’amende allant jusqu’à 10 000 francs, près de 150 établissements (restaurants, cafés, bars, ou encore clubs) se seraient ralliés à l’initiative de #wirmachenauf, #restonsouverts, à en croire les statistiques de leur site internet.

Cet appel à la désobéissance civile en ce lundi 11 janvier a été lancé la semaine dernière en Suisse alémanique par un groupe anonyme et a rapidement pris de l’ampleur dans le pays. Il se fait l’écho d’une campagne plus vaste qui a émergé notamment en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas ou encore en Pologne.

Daniela Liebi, gérante du restaurant bernois du Rothorn, à Schwanden, est l’un des figures qui portent cette fronde: «Je ne peux plus faire autrement. Nos caisses, comme celles de nombreux collègues, sont vides. Il faut prendre position – c’est ce que je fais!», indique-t-elle au Blick.

En fin de semaine dernière, la faîtière des cafetiers restaurateurs GastroSuisse a pris ses distances par rapport à cette initiative, exhortant ses membres à s’en tenir aux mesures actuellement en vigueur.


■ L’Inde prépare son immense opération de vaccination

L’AFP résume un peu le colossal chantier que les autorités indienne vont ouvrir ces jours. Dès samedi, le pays commencera à vacciner sa population de 1,3 milliard d’habitants. La deuxième nation la plus peuplée de la planète compte vacciner 300 millions de personnes, soit presque l’équivalent de la population américaine, d’ici juillet.

L’Inde est le deuxième pays le plus touché – après les Etats-Unis – par le Covid-19, avec plus de 10 millions de cas déclarés, même si le taux de mortalité y est l’un des plus faibles du monde.

Les 30 millions des personnels soignants et les plus exposés à la maladie seront les premiers à être vaccinés, suivis par environ 270 millions de personnes de plus de 50 ans ou présentant un état de grande vulnérabilité face au coronavirus.

Le gouvernement a autorisé l’utilisation de deux vaccins qui exigent d’être maintenus au froid sans interruption: le Covishield développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford, et le Covaxin conçu par l’Indien Bharat Biotech.


■ Silence médiatique en Chine à propos de l’anniversaire du premier décès

Ce lundi 11 janvier marque l’anniversaire du premier mort connu du nouveau coronavirus. Le fait passe inaperçu à Wuhan, note l’agence AFP.

Le 11 janvier 2020, la Chine annonçait qu’un premier mort du mystérieux virus avait été enregistré deux jours plus tôt dans la métropole de 11 millions d’habitants. Plus de 1,9 million de personnes ont depuis perdu la vie à la surface du globe des suites de l’épidémie.

A Wuhan, comme ailleurs en Chine, la pandémie a été largement maîtrisée dès le printemps et le bilan national des décès reste officiellement à 4634 depuis mi-mai.

Dans la ville du centre du pays, la première à être placée en quarantaine à compter du 23 janvier 2020, les habitants vaquent normalement à leurs occupations lundi matin, alors que les médias du régime communiste taisent ce premier anniversaire.

Le nom même de la première victime connue n’a jamais été rendu public. On sait simplement qu’il s’agit d’un homme de 61 ans qui fréquentait le marché Huanan pour faire ses courses. Ce marché, considéré comme le premier grand foyer de l’épidémie, a été fermé le 1er janvier 2020. Y étaient vendus des animaux sauvages vivants, considérés comme des transmetteurs possibles du virus à l’homme. Lundi, le marché restait fermé derrière une longue palissade.


■ Les enquêteurs de l’OMS pourront entrer en Chine jeudi

Après plus d’une semaine d’atermoiements, l’équipe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’enquêter sur l’origine du coronavirus pourra enfin entamer sa mission ce jeudi, a annoncé lundi le ministère chinois de la Santé.

«Après discussions, l’équipe d’experts de l’OMS se rendra en Chine à partir du 14 janvier pour des inspections. Ils mèneront des recherches conjointes avec des scientifiques chinois sur les origines du Covid-19», a indiqué dans un bref communiqué le ministère de la Santé.

Pékin n’a pas fourni de détails sur le déroulement de la visite, mais les enquêteurs devraient être mis en quarantaine à leur arrivée sur le sol chinois.


■ Un cas en Micronésie, jusqu’ici épargnée

Les Etats fédérés de Micronésie, nation insulaire du Pacifique qui restait un des derniers pays au monde épargnés par le Covid-19, a fait état lundi d’un premier cas de contamination.

Le président David Panuelo a concédé que cette nouvelle «alarmante» pour l’archipel de 100 000 habitants. Il a précisé que le coronavirus avait été détecté chez un marin d’un navire gouvernemental qui avait été envoyé pour réparations aux Philippines.

Il a ajouté que le malade et ses collègues demeuraient à bord du bateau, qui est à l’ancre dans un lagon, et fait l’objet d’une surveillance permanente.