Les résultats des élections au Soudan devaient être donnés jeudi. La Commission électorale (NEC) a annoncé qu’ils seront finalement rendus public la semaine prochaine. Au décompte des votes, qui prendrait plus de temps que prévus, s’ajouteraient des problèmes logistiques selon la BBC.

Les résultats disponibles, surtout au nord du pays, suggèrent que le président sortant Omar el-Béchir va gagner. Ce qui n’est pas une surprise. Son parti, le NCP, aussi est donné vainqueur aux régionales mais là, ça pourrait être plus serré. Au Darfour et au Sud, où selon certains analystes les es ex-rebelles du SPLM pourraient faire un bon score, les résultats se font attendre. Le SPLM a annoncé jeudi que ces élections sont illégitimes. Pendant ce temps à l’est, où une vidéo a vraisemblablement surpris un monitor en train de frauder, le décompte des voix continue.

Selon l’ONU, ces élections font partie des plus compliquées que le monde ait jamais tenues. Le Soudan, le plus vaste pays d’Afrique, n’en a pas organisé de telles depuis 1986.

Attaques en vue?

Mais le pays ne semble pas qu’attendre. Les rebelles soudanais du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) ont accusé jeudi les troupes gouvernementales de se préparer à les attaquer au Darfour, dans l’ouest du Soudan, en dépit d’un accord de paix préliminaire entre les deux parties. «Le gouvernement veut se délier de la paix, après les élections, et cherche à affronter notre mouvement sur le terrain», a déclaré un porte-parole du JEM, Ahmad Hussein Adam, affirmant que «toute offensive anéantira tout espoir de paix».

Le 29 mars, le JEM, le plus militarisé des groupes rebelles, avait menacé de reprendre les armes en cas d’échec des négociations de paix avec Khartoum. Le JEM avait signé en février à Doha un cessez-le-feu doublé d’un accord politique devant déboucher sur une paix durable avec les autorités soudanaises avant le 15 mars mais cette date n’avait pas été respectée.

Le Darfour est en proie depuis 2003 à un conflit opposant des mouvements armés aux forces soudanaises appuyées par des milices locales. La guerre a causé 300’000 morts selon l’ONU, 10’000 selon Khartoum, et 2,7 millions de déplacés. Selon Africa news, 52 personnes auraient trouvé la mort au Darfour mardi suite à des affrontements entre groupes rivaux.

La CPI demande l’implication de l’ONU

En même temps à La Haye, en Hollande, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé à ce que soit impliqué le Conseil de sécurité de l’ONU dans le refus du Soudan de remettre un ancien ministre et un chef de guerre contre lesquels la CPI a délivré des mandats d’arrêt. Selon un communiqué délivré jeudi, «le gouvernement du Soudan n’a pas coopéré avec la cour au sujet des mandats d’arrêts» délivrés en avril 2007 par la CPI contre Ahmed Haroun et Ali Kosheib. Les mandats délivrés contre Ahmed Haroun, ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires, aujourd’hui gouverneur, et le chef de la milice pro-gouvernementale janjawid Ali Kosheib recensent une liste de 51 crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la région du Darfour.

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