«Tenir des élections est un processus difficile. Heureusement, malgré toutes les embûches, la nation a réussi à les tenir et aujourd’hui, nous pouvons voir pour qui les gens ont voté», a déclaré à la presse Fazil Ahmad Manawi, chef de la Commission électorale indépendante (CEI), en proclamant les résultats.

En l’absence de partis politiques, la nouvelle Assemblée nationale, traditionnellement dominée par des chefs de guerre, des technocrates et des notables, qui ont rarement réussi à s’unir, n’est pas de nature à peser dans un pays où le président Hamid Karzaï concentre l’essentiel des pouvoirs.

Le chef de l’Etat a été installé puis maintenu à la tête du pays grâce à la présence de plus de 150 000 soldats des forces internationales qui combattent l’insurrection des talibans. Il a été réélu en 2009, également à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Alors que la participation s’annonçait déjà très faible (autour de 40%), il y a un mois, la CEI avait annoncé l’invalidation de près d’un quart des quelque 5,6 millions de bulletins de vote glissés dans les urnes pour désigner les 249 députés. La CEI avait déjà disqualifié 19 candidats déclarés vainqueurs au fil des résultats préliminaires.

Fazil Ahmad Manawi a pourtant qualifié mercredi le scrutin de «grand succès» pour «le gouvernement afghan et (ses) amis de la communauté internationale». Il a toutefois précisé que les résultats annoncés mercredi ne comprenaient pas ceux d’une des 34 provinces.

Initialement prévue le 30 octobre, la publication des résultats a été retardée par les enquêtes sur les fraudes. Bourrage d’urnes, fausses cartes d’électeur, vote sous pression ou forcé, le scrutin avait été marqué par des irrégularités le jour du vote et par des attaques des insurgés qui avaient fait des dizaines de morts et de blessés.

La commission chargée d’enquêter sur ces violations a reçu près de 6000 plaintes pour irrégularités et possibles fraudes. Les alliés occidentaux – Etats-Unis au premier chef, dont les troupes composent plus des deux tiers des forces internationales sous la bannière de l’OTAN – avaient espéré que ces législatives permettraient de redorer le blason du gouvernement Karzaï.