Arabie Saoudite

Retour sur le film des événements de l’affaire Khashoggi

Tandis que la tension est encore montée d'un cran à propos de la disparition de Jamal Khashoggi, et que la bourse de Ryad a chuté dimanche, il importe de détailler la chronologie des événements depuis la disparition du journaliste le 2 octobre

Jamal Khashoggi s'était exilé aux Etats-Unis l'année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le 2 octobre, à 13H14 heure locale, Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à Istanbul, selon une image de caméra de surveillance publiée par le quotidien américain Washington Post, avec lequel il collabore. Il a rendez-vous pour obtenir «un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié», selon sa fiancée turque, Hatice Cengiz.

Le Washington Post s'inquiète de ne pas pouvoir le joindre. Sa fiancée campe devant le consulat en quête de nouvelles.«Selon les informations dont nous disposons», il «se trouve au consulat», indique la présidence turque.

Ryad affirme qu'il a disparu après avoir quitté le consulat. L'ambassadeur saoudien est convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères. «D'après ce que j'ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure», déclare à l'agence Bloomberg le prince héritier saoudien, invitant les autorités turques à «fouiller» le consulat.

Tué au consulat?

Des responsables turcs affirment que M. Khashoggi a été tué dans le consulat par une équipe de Saoudiens arrivés à Istanbul par avion et repartis le jour même. Ryad dément fermement.

«Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses avant d'être transféré par avion hors du pays», affirme le «Washington Post», citant un responsable américain.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan met les autorités saoudiennes au défi de prouver que le journaliste a quitté le consulat.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo appelle Ryad à «soutenir une enquête approfondie». L'Arabie saoudite a donné son feu vert pour une fouille du consulat par les Turcs, selon la Turquie.

Les indications d'une vidéosurveillance

La chaîne publique turque TRT World rapporte que les autorités soupçonnent des Saoudiens d'être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.

Des images de vidéosurveillance, diffusées par des médias turcs montrent l'arrivée à Istanbul de Saoudiens soupçonnés d'avoir conduit l'opération contre le journaliste, ainsi qu'un van entrant dans le consulat le 2 octobre avant de se rendre à la résidence du consul. La veille, certains médias avaient évoqué la possibilité que le journaliste ait été enlevé et amené en Arabie saoudite.

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Le «Washington Post» affirme que les services de renseignement américains avaient connaissance d'un projet saoudien, impliquant le prince héritier, consistant à attirer le journaliste dans un piège pour l'arrêter.

«Nous n'étions pas informés à l'avance de la possible disparition de M. Khashoggi», affirme le département d'Etat. Donald Trump réclame des explications à l'Arabie saoudite.

Le président turc réclame de nouveau des images de surveillance prouvant que le journaliste a quitté le consulat, alors que les Saoudiens affirment que leurs caméras ne fonctionnaient pas ce jour-là.

Selon le «Washington Post», Ankara a dit aux Etats-Unis détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Jamal Khashoggi avait été "interrogé, torturé puis tué" à l'intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré. D'après des journaux turcs le journaliste était entré avec une montre intelligente connectée à un téléphone.

Une délégation saoudienne arrive à Ankara pour des entretiens.

De grands noms du monde des affaires prennent leurs distances avec l'Arabie saoudite, au risque de compromettre d'ambitieux projets du prince héritier. Le milliardaire britannique Richard Branson gèle plusieurs projets avec le royaume.

Annulations de participation au «Davos du désert»

Plusieurs partenaires prestigieux décident de bouder le sommet «Future Invesment Initiative», un «Davos du désert» prévu fin octobre à Ryad.

Ryad dément toute intention d'assassiner le journaliste. Ankara reproche à Ryad de ne pas laisser les enquêteurs accéder au consulat. Donald Trump estime que l'Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition du journaliste, menaçant Ryad d'un «châtiment sévère», tout en excluant un gel des ventes d'armes.

Ryad promet des représailles en cas de sanctions. La Bourse de Ryad perd jusqu'à 7% en séance face aux possibles répercussions de l'affaire.

 

 

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