L’essentiel

Le Conseil fédéral doit soumettre une base légale au parlement s'agissant de l'application de traçage. Elle sera en phase test dès le 13 mai.

Plusieurs cérémonies officielles à l’occasion des 75 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été annulées.

Lundi 11 mai s’apparente comme le jour du grand déconfinement en Europe, même s’il sera disparate et progressif, entre assouplissements et réouvertures limitées: il concernera la Suisse, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, la Belgique, la République tchèque, la Grèce et l’Ukraine.

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■ L'UE lance la date du 15 juin pour les vols vers l'Europe

La Commission européenne appelle ce vendredi soir les Etats membres de l'UE et de l'espace Schengen (dont la Suisse) à prolonger d'un mois l'interdiction temporaire sur les voyages non-essentiels vers l'UE, jusqu'au 15 juin.

Malgré des premiers assouplissements des mesures de lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus au sein du bloc, "la situation reste fragile à la fois en Europe et dans le monde", a expliqué l'exécutif européen dans un communiqué.


■ De l'Islande à la Croatie, des aperçus du débat sur l'école

L’AFP a fait un tour d’horizon du retour à l’école dans des pays européens.

Islande. Les écoles primaires et maternelles, restées ouvertes avec un emploi du temps aménagé, ont repris leur fonctionnement normal, avec toutefois des mesures sanitaires nouvelles. Les lycées et universités ont aussi redémarré.

Norvège. Bilan positif du retour en classe des 6-10 ans, dix jours après la réouverture des écoles, selon des enseignants: «Les élèves sont contents d'être de retour et respectent bien les règles ; Ils sont devenus des champions dans le lavage des mains !», dit Kathrine Wilsher Lohre, directrice de l'école Levre près d'Oslo qui reconnaît toutefois que «le respect des distances reste difficile».

De nombreux directeurs d'établissements se disent maintenant impatients d'accueillir les élèves plus âgés mais réclament un assouplissement des règles sanitaires, en raison des contraintes matérielles (taille des bâtiments) et humaines (nombre d'enseignants).

Danemark. Les élèves «sont plus respectueux de l'espace de chacun, bien que ce soit bien sûr un travail permanent, car ils sont très heureux d'être de nouveau ensemble", assure Suzanne Hampson, une institutrice danoise, plus de trois semaines après la réouverture des écoles et jardins d'enfants.

Selon les chiffres de l'Association des communes, entre 80 et 90% des élèves du primaire ont retrouvé le chemin de leurs établissements, et si la décision est contestée notamment sur les réseaux sociaux, elle reste bien acceptée et suivie.

La reprise des cours a été suivie par la réouverture de petits commerces et depuis, le taux d'infection a légèrement augmenté (de 0,6 à 0,9) mais «il n'y a pas d'élément disant que (cette hausse) est complètement ou même partiellement due à la réouverture des écoles», indique l'Autorité de contrôle des maladies infectieuses.

Finlande. Le retour à l'école prévu jeudi prochain, deux semaines avant le début des vacances d'été, n'est pas du goût du syndicat des professeurs: «Il n'est pas clairement établi que c'est dans l'intérêt des enfants, ni que nous pourrons assurer une sécurité totale pour les enfants et le personnel», indique-t-il dans un communiqué.

Le responsable de la santé publique, Mika Salminen, a mis en exergue la faible contamination des enfants, jugeant «non réaliste le risque de voir un enfant infecter un adulte».

Suède. En Suède, les écoles (maternelles, primaires et les collèges) n'ont jamais eu l'obligation de fermer.

La plupart des écoles du pays ont toutefois introduit des mesures telles que la distance sociale, l'obligation pour les parents de rester à l'extérieur de l'enceinte ou de nouvelles règles sur le lavage des mains et des locaux. Et cela fonctionne, selon les directeurs d'écoles interrogés par l'AFP, hormis parfois la distanciation.

Belgique. Dans ce pays, les établissements scolaires ne rouvrent leurs portes que le 18 mai que pour les classes «diplômantes»: terminale et dernière année de primaire.

Xavier Toussaint, enseignant en secondaire à l'Institut des Sacrés-Coeurs de Waterloo, précise que «des professeurs qui ont un souci de santé peuvent être exemptés avec un mot du médecin. Même chose pour les collègues de plus de 55 ans qui le souhaiteraient.»

Les premières années primaires ne reprendront qu’en septembre.

Portugal. Les enfants ne sont pas «des cobayes» pour «tester l'immunité collective», s'insurge une association de parents d'élèves du Portugal, où seuls les lycéens de première et terminale (avec examens de fin d'études) reprendront les cours le 18 mai (le crèches le 1er juin).

Des professeurs doutent aussi de la possibilité de rouvrir les écoles, d'accueillir tous les élèves en respectant les nouvelles règles de distanciation, rappelant que de nombreux professeurs âgés et donc à risques ne seront pas en mesure de reprendre le travail. La Fédération nationale des professeurs, principal syndicat des enseignants, a aussi émis des doutes.

Croatie. Mesures strictes pour la réouverture lundi des maternelles et élémentaires, réservées aux enfants sans maladie chroniques et dont les parents travaillent, sans moyens de garde: pas plus de 9 enfants et un enseignant par classe, deux mètres de distance entre les bureaux...

Et le taux de volontaires au retour s'amenuise: «D'après un premier sondage auprès des parents, 93 des 301 enfants allaient rentrer. Nous pensons maintenant que ce nombre va tomber à 60», a indiqué mardi Josip Petrovic, directeur de l'école primaire de Zagreb Trnsko.

Le retour à la vie scolaire à Zagreb est en outre compliqué par les dégâts d'un séisme en mars: 23 des 300 écoles primaires ne peuvent accueillir d'enfants.


■ Europa Park rouvre le 29 mai

Plus populaire parc d'attractions d'Europe après Disneyland Paris, Europa-Park va rouvrir le 29 mai, d'abord pour les habitants d'Allemagne tant que les frontières restent fermées, a annoncé vendredi sa direction. Il se situe près de la frontière avec la France.

Pour «minimiser les risques d'infection» sur place, le nombre de visiteurs sera limité et les billets devront être achetés en ligne, des marquages seront mis au sol pour maintenir des distances dans les files d'attente et les surfaces seront régulièrement désinfectées, indique la direction du parc.


■ Trois instantanées: un 8 mai particulier 


■ Le monde manque toujours de moyens pour tester le coronavirus

De nombreux pays n'ont toujours pas assez d'équipements pour détecter rapidement le virus, selon l'ONU. L'assistance de l'organisation a été réclamée par 200 laboratoires dans près de 120 Etats depuis le début de la pandémie.

«Certains laboratoires dans certaines régions n'ont pas le matériel nécessaire», a expliqué Giovanni Cattoli lors d'une visite organisée pour l'AFP dans les laboratoires dont il dirige l'une des unités en Autriche, les seuls que possèdent des Nations-Unies. Selon lui, «il y a un manque sur le marché international de quelques composantes, parce qu'il y a une forte demande dans le monde entier».

Exploités par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les laboratoires de l'ONU sont situés à Seibersdorf, à 40 km de Vienne. Ils développent la méthode de tests la plus souvent utilisée à travers la planète, la RT-PCR en temps réel, qui permet d'établir le diagnostic le plus précis possible en seulement quelques heures.


■ La conférence de presse du Conseil fédéral 

Sur l'application de traçage: L'application qui doit permettre de retracer les contacts des personnes infectées par le coronavirus ne sera pas lancée sans base légale. Le Conseil fédéral en soumettra une au Parlement. L’application sera en phase test dès le 13 mai.

Les Chambres fédérales ont demandé cette semaine une base légale. Le Conseil fédéral présentera son projet d'ici au 20 mai. Le parlement se prononcera lors de la session de juin.

Nous avons le besoin de surveiller l’évolution de la maladie, d’éviter sa réapparition 

Alain Berset 

Sur les crèches: Les crèches et autres institutions d'accueil extrafamilial touchées par la pandémie de coronavirus seront soutenues à hauteur de 65 millions de francs. Elles devront toutefois patienter encore un peu. Le gouvernement édictera une ordonnance sur le sujet d'ici le 20 mai seulement. Le texte sera cependant rétroactif au 17 mars et valable pendant six mois.

Sur le grand déconfinement: «Il convient de rester prudent et assumer ses responsabilités. La première responsabilité incombe aux personnes qui ont des symptômes», assure Daniel Koch.


■ Fribourg injecte 50 millions supplémentaires pour son économie

Le Conseil d'Etat fribourgeois a affecté une nouvelle enveloppe de 50 millions de francs pour mettre sur pied un plan de relance, en lien avec la pandémie. Cela porte à 100 millions le soutien à l'économie cantonale.

«Si l'on estime qu'un nouveau montant est nécessaire, on le proposera. L'avenir nous dira où il faut aller. Tout est une question de dosage», a déclaré vendredi Georges Godel, directeur des finances du canton.

Ce dernier a ajouté que l’engagement financier de l’Etat de Fribourg dans cette crise pourrait s’élever à quelque 400 millions de francs sur la période de 2020 à 2022. Outre les mesures de soutien à l’économie à hauteur de 100 millions de francs, des surcoûts importants sont prévisibles dans le domaine hospitalier.


■ Coronavirus et école: le message du Conseil fédéral 


■ Face à la pandémie, l'Europe veut retrouver l'esprit de 1945

Plusieurs dirigeants européens ont appelé vendredi à retrouver le souffle de 1945 dans la lutte contre la pandémie qui déstabilise le monde. Ils l'ont fait lors des commémorations marquant le 75e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale.

«Nous ne devons pas accepter que l'ordre de paix» mis en place à partir de 1945 «parte en fumée sous nos yeux», a dit le chef de l'Etat allemand Frank-Walter Steinmeier dans un discours à Berlin. «Nous voulons plus et pas moins de coopération dans le monde, y compris dans la lutte contre la pandémie», a-t-il notamment déclaré.

Dans un registre plus national, le Premier ministre britannique Boris Johnson a lui aussi dressé un parallèle. «En cet anniversaire, nous sommes engagés dans un nouveau combat contre le coronavirus qui exige le même esprit d'effort national que vous avez incarné il y a 75 ans», a écrit Boris Johnson aux anciens combattants. A Londres, les «Red Arrows» de la patrouille aérienne de la Royal Air Force ont survolé le centre-ville, tandis que les chaînes de télévision ont marqué deux minutes de silence.


■ Nombre de cas à nouveau en hausse en Suisse

Le nombre de nouveaux cas de coronavirus est de nouveau en augmentation. Il a crû de 81 en un jour vendredi, soit 15 de plus que la veille. La tendance est à la hausse depuis mercredi. La Suisse et le Liechtenstein ont jusqu’à présent enregistré un total de 30 207 cas confirmés en laboratoire, indique vendredi l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui se base sur les informations fournies par les laboratoires et les médecins. L’incidence se monte à 352 cas pour 100 000 habitants.

Le nombre de cas est soumis à des fluctuations hebdomadaires, avec des chiffres plus faibles le week-end, précise l’OFSP. Jeudi, le nombre de nouveaux cas annoncés était de 66, contre 51 mercredi et 28 mardi. Les jours précédents, il dépassait encore les 76. A l’heure actuelle, 1526 personnes sont décédées en lien avec un COVID-19 confirmé.

Plus de 301 675 tests ont été effectués pour le SARS-CoV-2, virus du COVID-19, dont 12% étaient positifs (plusieurs tests positifs ou négatifs sont possibles chez la même personne). Par rapport à la taille de leur population, les cantons de Genève, Tessin, Vaud, Bâle-Ville et du Valais restent les plus touchés.

L’âge des patients hospitalisés va de 0 à 102 ans, avec un âge médian de 72 ans. 60% d’entre eux sont des hommes et 40% des femmes. Le nombre de personnes hospitalisées est plus élevé chez les hommes que chez les femmes à tout âge. Parmi les personnes décédées, 58% étaient des hommes et 42% des femmes. Sur les 1456 personnes décédées pour lesquelles les données sont complètes, 97% souffraient d’au moins une maladie préexistante.


■ Loyers: accord entre propriétaires et locataires à Neuchâtel

Face à l’absence de solution fédérale, les propriétaires et les locataires neuchâtelois, ainsi que l’Etat, ont conclu un accord pour régler la question des loyers de locaux commerciaux, fermés d’autorité dans le cadre des mesures liées au Covid-19. L’objectif principal est d’éviter de nombreux conflits.

«Cet accord équilibré se fonde sur un partage des efforts entre locataires, bailleurs et canton», ont indiqué vendredi les différentes parties dans un communiqué commun. «Au vu de la situation, le risque de voir apparaître de nombreux conflits sur la question est devenu réel tant l’impact pour le locataire comme pour le propriétaire est important».

Pour prévenir une judiciarisation systématique, l’Union suisse des professionnels de l’immobilier section Neuchâtel-Jura, la section neuchâteloise de l’Association suisse des locataires ainsi que la Chambre immobilière neuchâteloise ont engagé un dialogue visant à trouver un accord. Dans ce cadre, elles ont sollicité l’Etat de Neuchâtel afin qu’il se joigne aux discussions et contribue à construire une solution consensuelle.


■ L’OMS ne sait pas quel rôle a pu avoir le marché de Wuhan

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est certaine que le marché d’animaux de Wuhan a contribué à la propagation de la pandémie. Mais elle n’a pas exclu vendredi à Genève qu’un animal ait infecté un humain avant l’arrivée de celui-ci sur ce site.

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«Le marché doit avoir joué un rôle», a dit à la presse un spécialiste de ces questions à l’OMS. «Mais nous ne savons pas» s’il a constitué l’origine de la propagation à un humain ou si un individu déjà infecté par un animal auparavant a contribué à le relayer dans cette zone. Le responsable exclut une propagation par un animal dans le laboratoire de haute sécurité controversé de la ville chinoise. Les Etats-Unis affirment avoir des «preuves» du lien avec cette infrastructure mais la Chine réfute.

Autre indication, des cas plus légers de coronavirus ont pu être observés dans d’autres sites sans être connus. Jusqu’à présent, l’organisation affirmait certes déjà que l’origine du virus était animale. Mais elle ne mentionnait que le scénario d’un hôte intermédiaire également animal, probablement sur le marché de Wuhan.


■ Epargnées par le virus, les îles du Pacifique redoutent de rouvrir aux touristes

En fermant leurs frontières, les Nations du Pacifique Sud sont parvenues à éviter l’épidémie de coronavirus, mais leurs économies sont à terre. D’où un choix cornélien: faut-il continuer de se barricader, ou faire revenir les touristes, avec la menace sanitaire qu’ils représentent?

Partout dans le monde, les gouvernements réfléchissent au déconfinement et à la levée de restrictions catastrophiques pour l’emploi et la croissance. Mais c’est probablement dans le Sud du Pacifique que le débat entre les impératifs sanitaires et les nécessités économiques est le plus compliqué. La plupart de ces archipels ont évité la propagation d’un virus qui aurait instantanément coulé leurs capacités hospitalières.

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Une dizaine de nations insulaires n’ont enregistré aucun cas de Covid-19 parce qu’elles ont d’emblée fermé leurs frontières pour éviter l’importation du coronavirus. Fidji fait figure d’exception avec 18 contaminations. Mais les autorités fidjiennes ont bon espoir que l’épidémie soit jugulée.

L’impact économique a été catastrophique pour tous ces pays très dépendants du tourisme. Pour certains, les revenus touristiques constituent 50% du PIB.


■ Caritas alloue une aide transitoire à 4000 personnes

Caritas Suisse et les Caritas régionales ont alloué depuis le début de la crise du coronavirus une aide transitoire à près de 4000 personnes pour un total de plus d’un demi-million de francs. Elles ont en outre distribué pour 200 000 francs de bons d’achat à faire valoir dans les Épiceries Caritas. Parmi les personnes tributaires d’un soutien, il y a en particulier celles qui, avant la crise, réussissaient à se maintenir par leurs propres moyens au-dessus du seuil de pauvreté et qui ont maintenant perdu une partie de leurs revenus.

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Selon les chiffres publiés en janvier 2020 par l’Office fédéral de la statistique, la pauvreté touchait 660 000 habitants de Suisse et en menaçait plus d’un million avant le coronavirus. De plus en plus de personnes de ces groupes s’adressent maintenant aux services de consultation sociale des 16 Caritas régionales, car elles sont confrontées à des difficultés existentielles.

Beaucoup ont tenté de se débrouiller par leurs propres moyens et y ont consacré leurs dernières réserves. Mais fin avril, les réductions de salaires liées au chômage partiel, la perte des salaires horaires et la diminution du travail sur appel ont de très lourdes répercussions. Même les indépendants subissent d’importantes pertes de chiffre d’affaires et demandent conseil à Caritas, car ils ne savent plus comment payer leurs loyers ou leurs factures de dentiste. Il s’agit souvent d’entreprises individuelles actives dans le secteur des services.

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■ L’obligation de récolter les noms des clients tombe

Au terme d’une intense journée de négociations, les restaurateurs ont convaincu jeudi les autorités fédérales, Alain Berset en particulier, d’abandonner l’obligation de récolter les données des clients. Le résultat de ces discussions est annoncé par plusieurs représentants régionaux de Gastrosuisse sur les réseaux sociaux.

Lire l’article complet: L’obligation de récolter les noms des clients tombe

Ces informations doivent être confirmées dans la journée par le Conseil fédéral, qui tient ce vendredi sa réunion hebdomadaire. Le plan de protection de la branche devrait être adapté en conséquence. L’abandon de cette obligation clôt ainsi le litige qui a opposé ces derniers jours le Préposé fédéral à la protection des données aux offices fédéraux de la Santé publique (OFSP) et de la Sécurité alimentaire (OSAV). Bernard Wuthrich


■ Affaibli par la pandémie, Uber compte sur Eats

Uber a creusé ses pertes à cause du «Grand confinement» mais l’attention portée à la livraison de repas et d’autres produits semble avoir rassuré les investisseurs sur sa capacité à atteindre, enfin, la rentabilité – même si ce sera plus tard que prévu.

Le leader mondial de la réservation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) a perdu 2,9 milliards de dollars au premier trimestre, soit quasiment le triple d’il y a un an, à cause de la crise liée au Covid-19 mais aussi de charges fiscales exceptionnelles. Le cœur de métier d’Uber, les trajets en VTC, a été «durement frappé par la pandémie», a reconnu le patron, Dara Khosrowshahi, dans un communiqué de résultats paru jeudi.

Mais «nous sommes encouragés par l’augmentation récente des livraisons de nourriture et par les premiers signes de réouverture de certains marchés», a-t-il continué. Uber Eats, le service de livraisons de repas à domicile, profite des mesures de distanciation sociale, avec un chiffre d’affaires en hausse de 53% à 819 millions, une portion encore maigre des 3,5 milliards de recettes accumulées en tout.

Les réservations brutes de trajets (essentiellement les recettes avant déductions des taxes, péages ou diverses rémunérations des chauffeurs) ont diminué de 5% en un an à 10,9 milliards de dollars, tandis que celles d’Uber Eats bondissaient de 52%.


■ Le chômage grimpe toujours aux Etats-Unis et sera proche de 20% en avril

Les Etats-Unis voient affluer des millions de nouveaux chômeurs chaque semaine depuis mars, et le taux de chômage d’avril, publié vendredi, pourrait approcher les 20%, deux fois plus qu’au coeur de la Grande récession de 2009.

Le taux de chômage d’avril sera le premier à refléter l’ampleur de la crise du Covid-19 sur la première économie mondiale. Il pourrait approcher les 20%, les analystes les plus optimistes tablent sur un peu plus de 16%, quand en février encore, le président Donald Trump, en campagne pour un second mandat à la Maison Blanche, vantait ses 3,5% de chômage, au plus bas depuis 50 ans.

«Perspective historique»: le taux de chômage attendu pour avril «est proche des estimations du pic du chômage pendant la Grande Dépression, et pire que le chômage pendant la majorité des années 1930», a souligné jeudi sur Twitter le Nobel d’économie Paul Krugman.


■ Pas d’efficacité probante de l’hydroxychloroquine sur les malades

L’administration d’hydroxychloroquine n’a ni amélioré ni détérioré de manière significative l’état de patients gravement malades du coronavirus, selon une étude. Le président américain Donald Trump a régulièrement prôné son utilisation comme traitement contre le Covid-19.

«Le risque d’intubation ou de décès n’était pas significativement plus important ou moindre parmi les patients ayant reçu l’hydroxychloroquine que parmi ceux n’ayant rien reçu», ont précisé les auteurs de l’étude parue jeudi dans le New England Journal of Medicine. L’hydroxychloroquine est un médicament contre le paludisme.

Financée par les instituts de santé américains (NIH), l’étude d’observation a été conduite sur des malades du Covid-19 admis dans les services d’urgence des hôpitaux New York-Presbyterian Hospital et Columbia University Irving Medical Center. 811 patients ont reçu deux doses de 600 mg d’hydroxychloroquine le premier jour puis 400 mg quotidiennement pendant quatre jours. 565 malades n’ont pas reçu le médicament.

L’étude «ne devrait pas être utilisée pour écarter» les potentiels bienfaits ou risques que peut apporter un traitement à l’hydroxychloroquine, selon les scientifiques.