«Il est prévu que presque 100% du trafic aérien sera assuré en Europe jeudi», après une semaine de très graves perturbations, a annoncé dans l’après-midi l’Organisation européenne de la navigation aérienne, Eurocontrol.

En Islande, le volcan Eyjafjöll, dont l’éruption a provoqué un chaos jamais vu dans le transport aérien mondial, semblait enfin se calmer, même si les scientifiques préviennent que l’éruption peut se prolonger ou d’autres survenir dans un futur proche. L’intensité de l’éruption a chuté de 80% depuis samedi et la production de cendres était mercredi, selon les sismologues islandais, «vraiment insignifiante».

Ce nuage de cendres craché par le volcan, baladé au gré des vents de l’Atlantique jusqu’à l’ouest de la Russie, a cloué au sol les avions et laissé sur le carreau des millions de voyageurs. Un vol-test effectué mardi par un appareil à hélice ATR-72 dans l’espace aérien du Danemark n’a pas occasionné de dégâts dans les moteurs, selon l’aviation civile danoise.

Signe d’une amorce de fin de galère pour les passagers, plus de 80% des vols prévus mercredi en Europe devaient avoir été assurés au terme de la journée, l’espace aérien ne demeurant limité qu’au-dessus de 20’000 pieds dans quelques rares zones dont la Finlande et le nord de l’Ecosse, selon Eurocontrol.

A l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle, «un retour à la normale» est prévu dès jeudi matin. Dans les aéroports britanniques, le trafic a repris lentement mercredi et avait atteint 80% de son niveau normal vers 17H00 GMT, selon les services du trafic aérien (NATS) qui prévoyaient un volume proche de 90% vers 06H00 GMT jeudi. A l’aéroport londonien de Heathrow, le premier du monde en terme de trafic international de passagers, rouvert mardi à 21H00 GMT, le trafic n’avait en revanche atteint mercredi que 58% de son niveau habituel.

La plupart des grandes compagnies européennes prévoyaient un retour à la normal au plus tard jeudi matin, alors que les principales compagnies d’Asie et du Golfe ont annoncé mercredi la reprise de leurs vols vers l’Europe.

Des semaines pour ramener tout le monde

Malgré la reprise des vols, gouvernements, autorités de l’aviation et compagnies ont averti qu’il faudrait des jours, voire des semaines, pour que les centaines de milliers de voyageurs encore en souffrance puissent regagner leurs destinations.

Un navire britannique de la Royal Navy, le HMS Albion, a accosté mercredi soir dans le sud de l’Angleterre) avec 450 soldats britanniques et 280 touristes restés bloqués en Espagne. A Sydney, la queue atteignait 200 mètres pour l’embarquement sur un vol British Airways. «Les gens n’en peuvent plus», lâchait Jane Gershfield, passeport et billet à la main.

En France, les voyagistes Nouvelles Frontières et Voyageurs du monde ont jugé le délai de 48 heures pour le retour de la quasi-totalité des Français «raisonnable» et réalisable pour au moins 90% d’entre eux. Environ 43’000 étaient encore bloqués à l’étranger mercredi soir, selon le gouvernement.

Les remboursements

Se posera ensuite l’épineuse question des remboursements. Au Royaume-Uni, le directeur général de l’Association des représentants des compagnies aériennes (BAR), Mike Carrivick, a dénoncé la réglementation européenne «injuste», trop généreuse selon lui sur les remboursements des frais occasionnés aux passagers par la paralysie récente du trafic.

La compagnie Ryanair a d’ores et déjà indiqué qu’elle limiterait les remboursements au prix payé pour le billet. Les compagnies aériennes, dont les pertes de recettes atteignent selon l’Association internationale du transport aérien (IATA) 1,7 milliard de dollars, ont accusé les gouvernements d’avoir réagi à l’excès en interdisant purement en simplement le trafic aérien.