Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a appelé mardi matin les Honduriens à marcher sur la capitale Tegucigalpa pour faire pression sur le pouvoir en place afin qu’il «cède» et respecte la Constitution. «Venez à la capitale parce qu’il faut y établir un dialogue pacifique mais il faut rétablir la constitutionnalité», a dit M. Zelaya dans un appel aux Honduriens.

Le président déchu a toutefois affirmé avoir pris contact avec les autorités en place. «De manière directe nous commençons à nous rapprocher», a-t-il dit dans une interview à la télévision Canal 11. «Si le régime ne cède pas les mesures de la communauté internationale vont redoubler» et «le peuple hondurien va également prendre des mesures», a-t-il cependant affirmé, se disant persuadé que de plus en plus de ses partisans se rassembleraient devant l’ambassade du Brésil pour le soutenir.

Couvre-feu

A la surprise générale, Manuel «Mel» Zelaya est rentré clandestinement lundi au Honduras et s’est réfugié à l’ambassade du Brésil. Le président de facto, Roberto Micheletti, a aussitôt établi un couvre-feu de 16:00 (minuit, heure suisse) à 07:00 (15:00, heure suise) puis annoncé la fermeture de quatre aéroports internationaux. Il a également demandé au Brésil de livrer Manuel Zelaya afin de le juger.

«Nous sommes très préoccupés par d’éventuelles actions contre notre pays et de cette manière (en fermant les aéroports) nous empêcherons des avions d’arriver», a-t-il expliqué.

«Aujourd’hui, je reviens dans mon pays natal pour dire au peuple qui m’a élu: Reconstruisons la démocratie qui est à nous et que personne ne peut nous dérober», a déclaré de son côté M. Zelaya. «Personne ne viendra plus m’arrêter dans mon sommeil et ma position est la suivante: la patrie, la restitution (du pouvoir) ou la mort», a-t-il ajouté.

Renversé par les militaires le 28 juin dernier et exilé au Nicaragua, M. Zelaya avait auparavant raconté être revenu dans son pays au bout d’un «très long périple de 15 heures».