Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il réunirait à 12h00 un conseil de sécurité à la présidence française pour «organiser les nouvelles conditions de sécurité du travail de nos soldats dans la période de transition qui s’ouvre entre aujourd’hui et le départ des forces françaises d’Afghanistan», précisant implicitement que le calendrier de retrait qu’il avait fixé ne changerait pas, alors qu’un sixième soldat français a été tué jeudi.

Interrogé sur un éventuel retrait accéléré des troupes françaises, comme l’a souhaité l’opposition en France, le chef d’état-major des armées françaises, l’amiral Edouard Guillaudil, a rappelé que «le président de la République a annoncé un certain montant de retrait, pour l’essentiel parce que dans l’un des deux districts dont nous sommes chargés, la Surobi, la sécurité est telle que les forces nationales afghanes peuvent l’assurer elles-mêmes sans difficultés».

Au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à cinq soldats français, Edouard Guillaudil a estimé «possible sinon probable» que l’attentat ait été commis par des étrangers «non-afghans», entraînés à l’extérieur du pays. «Nous ne sommes pas sûrs de l’endroit exact d’où ils viennent», a-t-il déclaré sur la radio privée Europe 1. Il est possible, sinon probable, que ce soit ce qu’on appelle là-bas des étrangers […] entraînés à l’extérieur du territoire, puis introduits en Afghanistan pour faire le maximum de victimes possible, y compris dans la population», a-t-il déclaré, précisant que «quand on dit là-bas des Arabes, ce sont en fait des Non-Afghans».

Des Pakistanais, des ressortissants de pays arabes, des Ouzbeks et des Russes tchétchènes combattent parfois en Afghanistan aux côtés des insurgés afghans.

L’attentat de mercredi a eu lieu lors d’une choura – assemblée de notables – dans la vallée de Tagab dans la province de Kapisa (nord-est de Kaboul), au lendemain d’une visite surprise en Afghanistan de Nicolas Sarkozy, au cours de laquelle le président français a annoncé le retrait d’un quart des troupes d’ici à fin 2012.

«Un terroriste a déclenché sa bombe à proximité des soldats français, blessant grièvement quatre autres soldats français et trois civils afghans», avait indiqué la présidence française. A Kaboul, les talibans avaient aussitôt revendiqué l’attentat.

Interrogé sur l’état des militaires blessés dans l’attentat, l’amiral Guillaudil a indiqué jeudi: «Trois sont dans un état satisfaisant, le quatrième nous préoccupe un peu plus.» Selon le chef d’état-major, «les talibans modifient leur guerre, ils ont sans doute compris qu’ils ne pourraient pas gagner sur le terrain et ils sont passés sur le mode de la terreur aveugle, c’est-à-dire attentat suicide».

La France, a-t-il estimé, n’est pas particulièrement visée. «Pas plus la France que les autres dans les autres parties de l’Afghanistan, pas plus les armées françaises que l’armée nationale afghane, que la police afghane où que la population […]. Ca se produit sur la totalité de l’Afghanistan», a souligné le patron des armées.

Nouvel attentat à Kandahar

Par ailleurs, quatre personnes ont été tuées et 13 blessées jeudi à Kandahar (sud) dans un attentat suicide contre une mosquée où se tenait une cérémonie en mémoire d’Ahmed Wali Karzaï, frère du président afghan, assassiné mardi, a annoncé un porte-parole du Ministère de l’intérieur.

Parmi les morts figure le chef du Conseil des oulémas de la province de Kandahar, le mollah Hekmatullah Hekmat, a précisé ce porte-parole, Siddiq Siddiqi. L’attentat «est survenu durant une cérémonie pour Ahmed Wali Karzaï», a-t-il poursuivi.

Une délégation gouvernementale de haut niveau, incluant notamment les ministres de la Défense, Abdul Rahim Wardak, de la Justice, Habibullah Ghaleb, et des Travaux publics, Abdul Qudus Hamidi, ainsi que plusieurs vice-ministres, assistait à la cérémonie, mais avait quitté la mosquée quelques minutes avant l’explosion, selon un député, Kamal Naser, présent sur les lieux.

M. Siddiqi a confirmé qu’aucun membre du gouvernement présent n’avait été touché. Les insurgés talibans ont revendiqué l’assassinat d’Ahmed Wali Karzaï, personnage controversé et homme fort de la province de Kandahar, abattu à son domicile par un proche, responsable de sa sécurité, selon la police.