diplomatie

Le retrait de l'accord nucléaire iranien secoue la communauté internationale

Le président iranien Hassan Rohani accuse Donald Trump de pratiquer «une guerre psychologique». La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni «regrettent» le repli américain, tandis qu'Israël applaudit

Après avoir tergiversé depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017, Donald Trump a annoncé mardi que les Etats-Unis se retiraient de l’accord conclu à Vienne en juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien, et que Washington allait rétablir pleinement les sanctions américaines contre Téhéran.

Le président iranien Hassan Rohani, qui s'était beaucoup investi dans cet accord, a immédiatement accusé son homologue américain de pratiquer «une guerre psychologique», alors que la décision fracassante de Washington, dénoncée par tous les autres signataires, fait craindre une nouvelle montée des tensions au Moyen-Orient.

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C'est «une grave erreur», a aussi réagi l'ex-président démocrate Barack Obama, sortant de sa réserve avec un ton particulièrement ferme pour défendre le texte conclu sous son administration.  

Inquiétudes, condamnations et regrets

«La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine», a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May, qui s'étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l'accord, se sont dits «déterminés à assurer la mise en oeuvre» de ce texte en "maintenant les bénéfices économiques» au profit de la population iranienne.

Malgré le retrait américain, Emmanuel Macron a relancé mardi son initiative visant à travailler «collectivement» à un accord «plus large» couvrant «l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les signataires, hors Etats-Unis, à «respecter pleinement leurs engagements».

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Moscou a aussi fait part de sa «profonde déception» et de son «extrême inquiétude». Dans la région, la Turquie a dit craindre «de nouveaux conflits» tandis que la Syrie a «condamné avec force» l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord, affirmant sa «totale solidarité» avec Téhéran.


Le soutien israélien

En revanche, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, plus ferme soutien de Donald Trump sur ce dossier, a soutenu «totalement» cette décision «courageuse», tout comme le royaume sunnite d'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran chiite.

Le premier ministre israélien est l’un des plus ardents détracteurs de l’accord de 2015. Il a rappelé s’être opposé à l’accord «depuis le début» parce que «non seulement cet accord ne bloque pas la voie de l’Iran vers la bombe, mais il lui ouvre la voie vers un arsenal complet de bombes nucléaires, et ceci en l’espace de quelques années». Il a également affirmé que la levée des sanctions accompagnant la mise en œuvre de l’accord avait produit des «résultats désastreux». «L’accord n’a pas fait reculer le risque de la guerre, il l’a rapproché, l’accord n’a pas limité les agissements agressifs de l’Iran, il les a formidablement augmentés dans toute la région», a-t-il déclaré.

L'annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient mais aussi de l'autre côté de planète, en Corée du Nord, à l'approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un sur la dénucléarisation de la péninsule.

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