«Rendez-vous tous dans la rue le 10 décembre pour une nouvelle journée interprofessionnelle», a déclaré ce vendredi la secrétaire confédérale CGT Catherine Perret au sortir de la réunion de l'intersyndicale. Cette dernière «se réunira le mardi soir pour décider (de) la suite», a-t-elle ajouté.

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«Nous sommes déterminés. Ce n'est pas un mouvement d'humeur de quelque jours», a de son côté lancé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération chez les enseignants, profession particulièrement remontée.

«Rien lâcher»

«Il y a des AG (assemblées générales) partout en France. Dans les transports, ce week-end, les salariés ne lâcheront rien. La balle est dans le camp du gouvernement», a aussi déclaré Catherine Perret. Selon elle, le gouvernement n'a «pas mesuré l'ampleur du mouvement social».

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Vendredi matin, la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn a annoncé qu'elle recevrait lundi avec le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye tous les partenaires sociaux, avant que le Premier ministre ne rende ses arbitrages en «fin de semaine». «On n'a reçu aucune information du gouvernement pour la réception lundi», a lancé Frédéric Souillot du syndicat Force ouvrière (FO), qui accueillait l'intersyndicale dans ses locaux.

Selon l'Elysée, le Premier ministre Edouard Philippe doit s'exprimer «en fin de semaine prochaine». La présidence française avait évoqué jeudi des annonces «vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme».

Au lendemain d'une mobilisation qui a vu au moins 800 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, manifester en France et des secteurs entiers d'activité tourner au ralenti pour protester contre le futur «système universel» de retraite, l'heure était à la satisfaction chez les responsables syndicaux à l'initiative du mouvement.

«Il y avait beaucoup de personnes en grève, il faut que ça augmente encore si on veut peser sur les décisions, il faut généraliser les grèves dans toutes les entreprises», a déclaré vendredi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Trains annulés

Le mouvement se poursuit ce vendredi, notamment dans les transports. La direction de la SNCF anticipait 90% de TGV et 70% de TER annulés. Le taux de grévistes au sein de la compagnie ferroviaire avait atteint 55,6% jeudi, du jamais vu depuis 2007. Répercussions directes en Suisse: seul un aller et retour Paris-Bâle en TGV était prévu ce vendredi.

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Les routes de l'agglomération parisienne totalisaient plus de 160 km de bouchons vers 10h30, après plus de 340 km à 08h00, un niveau exceptionnel un vendredi à cette heure.

Air France a annoncé l'annulation vendredi de 30% de ses vols intérieurs et 10% de ses moyen-courriers, EasyJet, Transavia et Ryanair laissant également des avions au sol. Les compagnies aériennes ont été priées de réduire de 20% leur programme.