«Dernière chance» pour sortir la Libye du «chaos»

Diplomatie Une dizaine de représentants libyens ont entamé des pourparlers à Genève

Ils posent pour une photo qu’ils espèrent historique. Dix-huit représentants libyens ont entamé mercredi à Genève des négociations que l’ONU qualifie de «dernière chance» pour éviter que le pays ne sombre définitivement dans le «chaos» plus de trois ans après la chute de Mouammar Kadhafi.

«Le processus sera long et difficile», a prévenu Bernardino Leon, le coordinateur de l’ONU pour la Libye. Cela fait des semaines que le diplomate espagnol multiplie les contacts pour réunir autour de la même table les protagonistes de l’imbroglio libyen. Il est encore loin du compte.

Deux gouvernements

L’Aube libyenne, la coalition de mouvements islamistes qui contrôle Tripoli depuis l’été, a annoncé qu’elle reportait à dimanche la décision de participer ou non aux pourparlers de Genève. L’alliance a institué son propre gouvernement et parlement dans la capitale libyenne. Les institutions reconnues par la communauté internationale sont, elles, repliées à Tobrouk, dans l’est du pays.

Deux gouvernements mais aussi une multitude de centres de pouvoir. Comme les tribus ou les milices, les plus puissantes étant celles de Misrata, sur la côte, et de Zintan, dans les montagnes surplombant Tripoli. Les deux villes avaient résisté à Kadhafi avant d’unir leurs forces contre le dictateur. Aujour­d’hui, elles se déchirent.

Gouvernement d’union

«Nos objectifs sont de parvenir à un cessez-le-feu durable et à un gouvernement d’union nationale qui représente tous les Libyens», explique Bernardino Leon. Les violences se sont récemment étendues au terminal pétrolier de Ras Lanouf. «Mais les combats ont presque cessé ces derniers jours», s’est félicité le diplomate. Il veut croire que les factions veulent ainsi donner une chance au dialogue.

Plusieurs parlementaires de Tobrouk ont fait le déplacement de Genève, de même que des personnalités qui ne reconnaissent pas ce même parlement. Des représentants de Tripoli sont également présents. Des délégués de Misrata ou d’autres municipalités sont attendus.

«Tout le monde est le bienvenu à condition d’adhérer aux principes de la démocratie et de reconnaître la révolution du 17 février [premier jour du soulèvement contre Kadhafi, ndlr]», lance Bernadino Leon. Ce qui exclut de fait les kadhafistes et les djihadistes. Avec la désintégration de la Libye, ces derniers y ont trouvé un sanctuaire.