Un discours depuis la Maison-Blanche est un exercice destiné à rassurer la nation. Pourtant, outre l’interdiction des vols entre les Etats-Unis et l’Europe annoncée par Donald Trump, les nombreuses incertitudes de son allocution suscitent le scepticisme. Peu ou pas de précisions quant au nombre insuffisant de tests de dépistage, à la prise en charge des coûts par les assurances ou aux indemnités pour les inévitables pertes de gain. «Les Américains doivent se confronter au fait que le Bureau ovale est aussi vide que les yeux vitreux de l’homme qui y a pris la parole ce soir», tranche David Frum dans The Atlantic.

Ces mesures visant l’Europe masquent par ailleurs la présence du virus sur sol américain, jusqu’à quelques centimètres du président. Jeudi, le gouvernement brésilien a confirmé que le chef de presse de Jair Bolsonaro, pris en photo ce week-end aux côtés de Donald Trump, avait été testé positif. En début de semaine, deux membres de la Chambre des représentants s’étaient mis en quarantaine après avoir été en contact avec un malade. Et après avoir, eux aussi, serré la main et côtoyé le chef de l’Etat, notamment à bord d’Air Force One.


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Manœuvre démocrate

Cette allocution marque néanmoins une rupture. Comme le note CNN, Donald Trump a réfuté avec constance et durant plus d’un mois la gravité de la menace et répété que l’inquiétude concernant l’épidémie relevait d’une manœuvre des démocrates afin de l’affaiblir. «A chaque tournant, la politique du président était comme guidée par une règle: comment puis-je aggraver cette crise?», ajoute David Frum.

Ces dernières semaines, Donald Trump a tour à tour déclaré que le virus mourrait avec l’arrivée du printemps, qu’il était l’équivalent de la grippe, qu’un vaccin arriverait très vite ou que le nombre de cas serait bientôt proche de zéro. A chaque fois, il a été contredit par la communauté scientifique. Ce jeudi, Mike Pence a reconnu qu’il y aurait «des milliers de cas supplémentaires». «Des millions?» lui a demandé un journaliste de NBC. «Je laisserai les experts faire leurs estimations», s’est contenté de répondre le vice-président.

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