Elle marche. Droit devant elle, menton levé, les bras ballants. Devant les taxis jaunes de Téhéran, pressés au feu rouge, elle traverse la rue et son pas reste posé. Sur ses épaules, sa longue chevelure brune flotte en liberté. Elle marche, décidée. Elle n’est pas seule, plus seule. Comme Nasrin, 22 ans, elles sont des milliers qui chaque jour arpentent les rues de Téhéran les cheveux au vent. Lâchés, rassemblés en une queue-de-cheval haute – coiffure interdite en 2010 en Iran – ou coupés court, signe de deuil ou de révolte dans la tradition persane. Leur décision, leur choix, leur vie.