Pour la première fois, un rassemblement de soutien au gouvernement de transition aura lieu ce mardi au centre de Tunis. Après s’être organisés sur la Toile, ils veulent descendre dans la rue. «Manifester virtuellement ne suffit pas. Faisons entendre notre voix», lit-on sur l’invitation Facebook. Ces personnes manifesteront à la sortie des bureaux et non le matin, de façon à montrer qu’elles se sont remises au travail. Plus de 3000 personnes ont confirmé leur présence et se retrouveront à 15 h 30, sur l’avenue Habib Bourguiba.

«Contre-révolution»

Assiste-t-on à une scission au sein des manifestants tunisiens? Pour Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), cette «contre-révolution» ouvre une brèche dans le mouvement de révolte et l’écho qu’elle rencontrera pourrait s’avérer décisif sur la suite des événements. «Malgré ses promesses, le gouvernement de Mohamed Ghannouchi est en sursis. Il ne tiendra pas longtemps sans un soutien interne. Or, si l’armée voit que la population est jusqu’au-boutiste, elle devrait cesser de le soutenir.» Hier soir, un porte-parole du gouvernement de transition annonçait un remaniement ministériel «imminent».

Face à une situation politique confuse et une économie bloquée, beaucoup de Tunisiens s’essoufflent et souhaitent retrouver une vie normale. Sur la Toile, ils sont une dizaine de milliers à rejoindre les divers groupes Facebook pour soutenir le gouvernement de transition. Insistant sur l’aspect provisoire du gouvernement, le mouvement souhaite «se remettre au travail, préparer les élections, sans sombrer dans le chaos», écrit un internaute. Pour ceux-ci, «le vrai choix se fera dans quelques mois dans les urnes». D’ici là, pas question de laisser un vide politique. Et les mots sont durs à l’encontre de l’UGTT, l’union syndicale, accusée de bloquer la situation en appelant à la grève.