La riposte d'Ueli Maurer aux critiques de l'ancienne conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf qui l'a précédé aux finances n'a pas tardé. Il conteste que le projet ne soit pas équilibré, comme l'a laissé entendre la Grisonne.

Pour l'ancienne grande argentière, qui juge de manière générale que la réforme est incontournable, le Parlement est allé très loin dans les allègements pour certaines entreprises. Le projet de loi attaqué en référendum par le PS ne contient nulle part des mesures de compensation, a-t-elle déclaré dans une interview au Blick.

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«Totalement faux»

«Totalement faux», réplique le ministre des finances Ueli Maurer dans la presse de mercredi. Eveline Widmer-Schlumpf a perdu le contact avec l'actualité et ne connaît plus assez en détail le dossier, dit-il au Blick. Le projet adopté par le Parlement est même moins risqué que la version d'origine du Conseil fédéral.

Les Chambres ont certes décidé des allègements supplémentaires pour les entreprises, mais ont aussi retiré du projet d'origine la réforme du droit de timbre touchant l'émission de capital. En outre, l'une des nouveautés prévoit une réduction maximum de 80% des allègements fiscaux.

Cantons responsables

Les mesures compensatoires ont été laissées à dessein aux cantons, ajoute Ueli Maurer à la Basler Zeitung. C'était d'ailleurs leur vœu, d'où leur soutien à la RIE III. Le versement prévu de 1,1 milliard de francs de la Confédération aux cantons est également supportable.

«Cela suffira si la croissance des dépenses fédérales peut être ralentie durant deux à trois ans», dit-il. Cela sera possible dans les domaines où la hausse est particulièrement forte, comme la coopération au développement. La formation et l'administration fédérale pourraient aussi être concernées.

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Les critiques d'Eveline Widmer-Schlumpf

Eveline Widmer-Schlumpf avait critiqué notamment deux points de l'actuel projet soumis au peuple le 12 février: le fait que le Parlement ait renoncé à relever le socle à 70% pour les dividendes, et le fait qu'il ait introduit un système d'impôt sur les bénéfices corrigés des intérêts passifs. Cela permet aux entreprises de déduire des intérêts fictifs sur un capital propre excédentaire. Au final, il est possible de réduire le gain imposable, ce que déplore l'ancienne ministre.

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