Les images de cadavres alignés ou entassés dans les rues ont suscité des questions sur les risques d’infection. «Selon notre expérience, il est rare qu’ils se réalisent», répond une porte-parole de Médecins sans frontières (MSF), confirmant des propos tenus sur place par un médecin de l’organisation, Mego Terzian. Stefano Zannini, chef de mission pour MSF à Haïti, précise que des camions du gouvernement ont commencé à enlever les corps et que ceux-ci sont traités «correctement».

Travaillant dans les structures hospitalières ayant résisté aux secousses (Choscal, Cité Soleil), MSF a traité plusieurs centaines de blessés, souffrant principalement de fractures ouvertes et de brûlures. Un accouchement avec complications a aussi été réalisé avec succès pour la mère et l’enfant. Des soins sont prodigués sous tente devant les centres de soins de Trinité et de Pacot. Un hôpital de campagne devait arriver vendredi, de même qu’un premier groupe de renfort médical de 25 personnes.

Distribution d’eau potable

Ces efforts ne suffisent pas encore à répondre aux besoins, «des milliers de patients» attendent d’être pris en charge, a précisé Stefano Zannini lors d’une conférence téléphonique. Pour l’instant, ajoute-t-il, les fournitures médicales suffisent. D’autres sont en voie d’acheminement.

Outre les soins chirurgicaux, la priorité est la distribution d’eau potable et de nourriture, rendue difficile par les rues encombrées et le manque de véhicules adéquats. «Nous ne savons pas si cette distribution a lieu», dit Stefano Zannini.

Les besoins ne concernent pas seulement le centre de Port-au-Prince, mais également de plus petites localités près de la capitale, dont parviennent des rapports de pertes et dégâts élevés. Deux avions-cargos de MSF ont pu atterrir à Port-au-Prince, d’autres ont dû être détournés sur Saint-Domingue en raison du manque de kérosène à Haïti.