«Le sacrifice de nos soldats n’aura pas été fait en vain», a assuré mercredi le premier ministre indien, Narendra Modi, à la télévision. «Je suis certain que l’Inde entière sera fière de savoir qu’ils ont continué à tuer avant de mourir», a-t-il notamment ajouté. Les propos de Narendra Modi, nationaliste hindou réélu l’an dernier après une campagne axée sur les enjeux sécuritaires, étaient destinés à ses concitoyens choqués par la perte de 20 soldats, tués lundi soir dans un accrochage avec la Chine aux confins désertiques du Ladakh, dans l’Himalaya. Il s’agit du premier affrontement meurtrier, depuis quarante-cinq ans, entre les deux puissances nucléaires. Au-delà de la fibre patriotique mise à vif, Narendra Modi fait face à un défi majeur en politique étrangère, alors que son pays est frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Si les ministres des Affaires étrangères chinois et indiens ont assuré vouloir «apaiser la tension», l’échauffourée prête à conséquences.

Des points frontaliers de provocations

Selon des sources militaires rapportées par la presse indienne, l’incident serait survenu lorsqu’une patrouille indienne aurait voulu démonter une tente chinoise, à 4500 m d’altitude, sur le haut plateau de la vallée de Galwan. Dans ces paysages lunaires, la tente se serait trouvée sur une zone tampon, enfreignant les accords conclus le 6 juin après des semaines de tensions frontalières. Les armes n’étant pas utilisées afin d’éviter les dérapages, une altercation physique aurait éclaté entre les soldats et se serait poursuivie durant six heures. Des soldats auraient chuté dans la rivière en contrebas et les blessés n’auraient pu être évacués qu’au petit matin. Pékin n’a pour sa part pas indiqué le nombre des victimes dans ses rangs.