Europe

Robert Fico se fait l’avocat de la Russie

Le premier ministre slovaque se rend à Moscou ce jeudi. Il plaide pour un rapprochement de l’Union européenne avec la Russie

Robert Fico, le premier ministre de la Slovaquie, pays qui assure la présidence européenne jusqu’en décembre prochain, parie sur un rapprochement entre la Russie et l’Union européenne (UE). Il est invité à dîner ce jeudi avec le président Vladimir Poutine à Moscou. Ce matin, il doit rencontrer le président français François Hollande à Paris. Vendredi, il aura un tête-à-tête avec la chancelière allemande Angela Merkel, avant de participer à un sommet du groupe Visegrad (Pologne, Slovaquie, République tchèque et Hongrie). Les relations UE-Russie seront au centre de toutes ces initiatives diplomatiques.

Ce n’est pas la première fois que Robert Fico s’entretiendra avec le chef du Kremlin. Le 14 juin dernier, soit deux semaines avant d’accéder à la présidence européenne, les deux hommes s’étaient entretenus au téléphone. Notamment du football. C’était à la veille d’un match de l’Euro 2016; la Slovaquie l’avait emporté contre la Russie. Mais le plat de résistance était les sanctions européennes contre la Russie, liées à l’annexion de la Crimée, la péninsule ukrainienne, par l’armée russe en 2014. Robert Fico s’oppose à cette mesure, disant qu’elle n’a pas donné les résultats escomptés.

Gaz russe

Les sanctions sont renouvelées tous les six mois. La prochaine échéance arrive en janvier 2017. Les dirigeants européens en débattront déjà en octobre. La semaine passée, Angela Merkel a fait comprendre qu’aucune raison ne justifiait leur levée: Moscou ne respecte pas l’accord de Minsk qui porte notamment sur le retrait des troupes russes du Donbass ukrainien. A ce sujet, une rencontre Poutine-Merkel-Hollande est prévue en marge du prochain sommet du G20 qui aura lieu les 4 et 5 septembre en Chine.

En réalité, Robert Fico n’a jamais caché son objectif de rapprochement entre Moscou et Bruxelles. «La Fédération de Russie est un partenaire économique important pour la Slovaquie et pour l’UE, en particulier dans le domaine de l’énergie», a-t-il dit récemment.

Lors des discussions aujourd’hui, le premier ministre slovaque apportera son soutien au projet de gazoduc Nord Stream qui devrait relier la Russie à l’Allemagne, autre grande cliente du gaz russe. La Slovaquie qui en dépend à 98%, a déjà connu les affres d’un arrêt d’approvisionnement. C’était en plein hiver dernier et le pays avait dû avoir recours à une importation alternative mais onéreuse.

Appels à la fin des sanctions

La Slovaquie n’est toutefois pas le seul avocat de la Russie au sein des Vingt-Huit. L’Italie, la Hongrie et la Grèce plaident pour un réchauffement avec Moscou. Par ailleurs, des partis politiques et des milieux économiques dans de nombreux pays appellent à la fin des sanctions. En avril dernier, l’Assemblée nationale française a approuvé une motion non contraignante appelant le gouvernement à infléchir sa position. Une motion identique sera débattue en Belgique à la rentrée.

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