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Cette réunion publique sur la situation birmane était une première depuis 2009. Volkan Furuncu/Anadolu Agency/Getty Images
© Anadolu Agency

Birmanie

Rohingyas: l’ONU réclame un accès humanitaire

Alors qu’une réunion publique du Conseil de sécurité sur la Birmanie s’est tenue jeudi, un drame s’est produit. Une embarcation de Rohingyas, partie vers le Bangladesh, a coulé. Le bilan est de 15 morts

Le patron des Nations unies Antonio Guterres a réclamé un «arrêt des opérations militaires» dans l’ouest de la Birmanie et dénoncé un «cauchemar humanitaire». Dans le même temps un nouveau drame touchait la minorité musulmane avec la mort d’au moins 15 réfugiés.

Une embarcation de Rohingyas, partie mercredi soir vers le Bangladesh depuis un village côtier de l’Etat Rakhine, a coulé à quelques encablures de la terre ferme, victime de pluies torrentielles et de vents violents. Les eaux du golfe du Bengale ont charrié 15 corps, dont ceux de dix enfants et quatre femmes, un bilan qui devrait s’alourdir.

Lors d’une rare réunion publique du Conseil de sécurité sur la Birmanie – la dernière remontait à 2009 –, demandée par sept de ses 15 membres, Antonio Guterres a réclamé jeudi au gouvernement birman un «accès humanitaire» dans la zone de conflit. Il demande aussi «le retour en sécurité, volontaire, digne et durable» dans leurs régions d’origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.

Le nombre de Rohingyas réfugiés dans ce pays depuis fin août pour échapper aux violences en Birmanie a franchi jeudi la barre du demi-million, selon les Nations unies. Il s’agit de l’un des plus importants déplacements de population de ce début de XXIe siècle en Asie.

La Russie et la Chine prennent le parti de la Birmanie

Sous le feu des critiques, la Birmanie dénonce un parti pris pro-rohingya de la communauté internationale. «Il n’y a ni nettoyage ethnique, ni génocide en Birmanie», a assuré au Conseil Thaung Tun, conseiller birman à la sécurité nationale. Pékin, comme Moscou, a apporté son appui aux autorités birmanes.

Lire aussi: La Birmanie prête à organiser le retour des Rohingyas

«Nous espérons que la sécurité pourra être rétablie et que la population n’aura pas à souffrir, afin que le développement économique du pays puisse être garanti», a déclaré le représentant chinois au Conseil de sécurité, Wu Haitao, lors d’une très brève intervention.

La Chine est le principal soutien de la Birmanie, où elle compte d’importants intérêts économiques, notamment dans l’ouest, théâtre de la campagne de répression de l’armée birmane consécutive à des attaques de la jeune rébellion rohingya le 25 août.

«Il faut être très prudent quand on parle de nettoyage ethnique, de génocide», a renchéri l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia. «Des terroristes ont incendié des villages», a-t-il souligné.

Des appels de l’ONU restés sans réponse

«Le statu quo n’est pas tenable», a jugé pour sa part l’ambassadeur français, François Delattre. Son homologue sénégalais Fodé Seck a affirmé que «la tragédie était insoutenable», tandis que Nikki Haley, représentant les Etats-Unis, dénonçait «une campagne militaire brutale et continue» de l’armée birmane.

«Les dirigeants birmans, qui ont tant sacrifié pour une Birmanie ouverte et démocratique, devraient avoir honte», a ajouté Nikki Haley, dans une allusion à peine voilée à Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, très critiquée pour sa gestion de la crise.

Voir la vidéo: Exode des Rohingyas: le décryptage

Les dernières réunions depuis fin août du Conseil de sécurité avaient toutes été à huis clos. A ce jour, les multiples appels de l’ONU à mettre fin à la répression, à ouvrir un accès humanitaire et à permettre un retour des Rohingyas sont restés lettre morte.

L’ONU considère que l’armée birmane et les milices bouddhistes se livrent à une épuration ethnique contre cette communauté musulmane dans l’Etat Rakhine, région historiquement troublée.

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