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Un soldat saoudien surveille un avion de guerre sur la base de Marib, au Yémen. /AP/Jon Gambrell
© Jon Gambrell

Arabie saoudite

Le roi saoudien destitue la direction de l'armée

Le monarque a notamment remplacé le chef d’état-major, le général Abdel Rahmane ben Saleh al-Bunyan. Ce remaniement survient au lendemain de l’annonce d’une «bavure» au Yémen de la coalition emmenée par l’Arabie saoudite

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a opéré un remaniement majeur, aux allures de limogeage, à la tête de l’armée, ont annoncé lundi les médias d’état. Il a remplacé les principaux commandants militaires, y compris le chef d’état-major.

Le monarque a remplacé les chefs de l’armée de l’air et de l’armée de terre, ainsi que des fonctionnaires civils, dont plusieurs sous-ministres, par une série de décrets royaux pris tard dans la nuit. «Fin des services du général Abdel Rahmane ben Saleh al-Bunyan, chef d’état-major», a rapporté sèchement l’agence de presse officielle SPA, ajoutant qu’il a été remplacé par Fayyad al-Ruwaili.

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Aucune explication officielle n’a été donnée à ces changements à la tête de l’armée, qui surviennent alors que le royaume intervient militairement au Yémen depuis près de trois ans en soutien aux forces gouvernementales contre les rebelles houthis. «Une transformation militaire est en cours en Arabie saoudite», constate auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Theodore Karasik, analyste chez Gulf States Analytics.

Le général Al-Bunyan a été démis de ses fonctions après avoir inauguré à Riyad le salon militaire SAMI, organisé par les Industries militaires saoudiennes (SAMI), la compagnie de défense nationale, qui a attiré plusieurs entreprises de défense mondiales.

Des jeunes fonctionnaires et une femme promus

Le remaniement survient également au lendemain de l’annonce à Sanaa d’une «bavure» de la coalition emmenée par l’Arabie saoudite, dont l’aviation aurait bombardé par erreur une base militaire de l’armée yéménite, son alliée, faisant entre 6 et 20 morts et 15 blessés, selon des sources militaires pro-gouvernementales.

Le roi Salmane a également décrété une série de nominations de civils qui voit de plus jeunes fonctionnaires promus à des postes clés comme ministres adjoints, gouverneurs adjoints de provinces et conseillers à la Cour royale. Fait rare dans le royaume saoudien, une femme, Tamadur bent Youssef al Ramah, a été choisie comme ministre adjointe au Travail.

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Le prince Turki ben Talal, frère du prince milliardaire Al-Waleed ben Talal, a été nommé vice-gouverneur de la province d’Assir. Le prince Al-Waleed, surnommé «le Warren Buffett d’Arabie saoudite», faisait partie des princes, ministres et magnats détenus dans le luxueux hôtel Ritz-Carlton de Riyad dans le cadre d’une répression sans précédent contre ce que le gouvernement appelle la corruption des élites.

L’intervention au Yémen, une guerre par procuration

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, 32 ans, fils du roi saoudien, qui dirige le Ministère de la défense, consolide son emprise sur le pouvoir depuis quelques mois, tout en faisant avancer d’importantes réformes économiques et sociales. Il poursuit une politique régionale affirmée, y compris la conduite depuis 2015 de l’intervention militaire au Yémen voisin, considérée comme une guerre par procuration avec l’Iran, l’ennemi juré.

Le conflit au Yémen est qualifié par les Nations unies (ONU) de «pire crise humanitaire au monde». Plus de 9200 personnes ont été tuées, près de 53 000 ont été blessées, et près de 2200 autres sont mortes du choléra, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Lire aussi: A l’ONU, le veto russe bloque une résolution sur le Yémen épinglant l’Iran

L’Iran a affirmé lundi que le conflit au Yémen était le résultat des ventes d’armes britanniques et américaines à l’Arabie saoudite, rejetant les accusations selon lesquelles Téhéran envoyait des armes aux rebelles houthis.

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