Porte-parole de l’Office fédéral de la justice (OFJ), Folco Galli reste prudent. Selon lui, il est difficile d’établir un calendrier, même s’il n’est pas exclu que Berne reçoive ces prochains jours une demande officielle des autorités américaines.

«Il nous faut des informations avant d’agir», relève le porte-parole, qui rappelle que Roman Polanski pourra s’opposer par la voie judiciaire à son extradition. Il aura trente jours pour recourir au Tribunal pénal fédéral (TPF).

Recours possibles Le réalisateur du «Pianiste» pourrait ensuite contester un feu vert de Bellinzone devant le Tribunal fédéral (TF). Mais la voie est étroite, relève Folco Galli. Sauf exceptions admises par la loi, le TF n’entre pas en matière, en règle générale, sur les recours concernant les demandes d’extradition.

Le réalisateur franco-polonais s’est heurté jeudi à une décision négative d’une cour d’appel de Californie, qui ne lui a pas accordé le droit d’être jugé par contumace.

Le cinéaste devra être présent à l’audience qui déterminera sa peine pour «relations sexuelles illégales» avec une mineure. Un jugement par contumace aurait rendu caduque la procédure d’extradition vers les Etats-Unis.

En première instance, un tribunal de Los Angeles avait déjà rejeté en janvier la requête formulée par les avocats de Roman Polanski, qui avaient fait appel.

Jeudi, la cour a estimé que M. Polanski «n’était pas parvenu à démontrer» que la décision de rejet rendue en première instance par le juge Peter Espinoza n’était pas fondée. Assurant vouloir «défendre l’intégrité du système judiciaire», le magistrat avait considéré que M. Polanski devait «être présent» lors de son jugement.

Saisir la Cour suprême Sarah Ingram, porte-parole du cinéaste, a déclaré que les avocats de Roman Polanski n’avaient pas de commentaire à faire concernant d’éventuels appels.

Les avocats peuvent saisir la Cour suprême de Californie, a indiqué à Reuters une professeure de droit, Laurie Levenson. Mais leurs chances sont très minces.

Roman Polanski, 76 ans, est assigné à résidence dans son chalet de la station de Gstaad (BE), dans l’attente de son éventuelle extradition. Il a été arrêté le 26 septembre à Zurich sur mandat d’arrêt américain. La justice a depuis lors déposé une demande d’extradition.

Le réalisateur du «Pianiste» a plaidé coupable d’avoir eu des relations sexuelles en 1977 avec une adolescente de 13 ans après lui avoir fait boire du champagne et consommer des stupéfiants.

Samantha Geimer déboutée Poursuivi et jugé pour viol, le cinéaste s’était enfui des Etats-Unis avant le prononcé du verdict, craignant d’être lourdement condamné. Il n’a jamais remis les pieds aux Etats-Unis.

La victime, Samantha Geimer, aujourd’hui mère de trois enfants, a demandé à la justice de classer l’affaire, requête également rejetée jeudi par le même tribunal. Elle explique qu’elle a pardonné à Polanski et souffre d’être à nouveau sous les feux de l’actualité depuis le retour au premier plan de cette affaire.

L’Office fédéral de la justice (OFJ) avait indiqué en février attendre que la justice américaine statue définitivement sur la demande du réalisateur franco-polonais d’être jugé par contumace avant de prendre une décision concernant son extradition. La procédure pourrait ainsi se prolonger «de quelques mois à un an», avait indiqué la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf fin janvier.