Interdiction de se faire rétribuer pour des discours ou de voler en Concorde, obligation de déclarer son patrimoine, un seul chauffeur et pas de garde du corps attitré, au moins trois nationalités par cabinet: Romano Prodi a imposé ce week-end des règles de bonne conduite très strictes à ses 19 commissaires pour rompre avec les pratiques du passé et redresser l'image de la Commission européenne.

«Les grands principes de travail de la Commission sont la transparence, l'efficacité et la responsabilité», a annoncé le président désigné de l'exécutif européen à l'issue de la première réunion de sa squadra dans un château près d'Anvers, dans le nord de la Belgique. L'occasion pour Romano Prodi et ses 19 commissaires de faire connaissance et d'évoquer les dossiers politiques – élargissement à l'Est, reconstruction du Kosovo, négociations à l'OMC – que la nouvelle équipe sera appelée à gérer une fois entrée en fonctions, le 16 septembre en principe.

D'ici là, la Commission Prodi devra encore être investie par le Parlement européen. Un exercice que l'ancien président du Conseil italien ne prend manifestement pas à la légère. Soucieux de préparer soigneusement les auditions de ses commissaires par les eurodéputés à la fin août, Romano Prodi veut montrer qu'il a tiré les leçons des affaires de fraude et de népotisme qui ont provoqué la démission de la Commission Santer.

«Mon intention est de faire en sorte que le collège européen travaille vraiment en équipe, et en même temps que chaque commissaire soit une grande star dans son propre domaine», a souligné «Il Professore». Qui entend mener son équipe à la baguette pour redorer le blason de l'institution et regagner la confiance des citoyens en l'Europe.