L'essentiel

En fin de semaine, Donald Trump a rallumé la polémique sur l'origine du coronavirus en accusant à nouveau la Chine.

Vendredi, le Conseil fédéral a notamment refusé d'intervenir dans la question des loyers commerciaux: il appelle les acteurs du marché à s'entendre.

Retrouvezles nouvelles de vendredi.


■ La présidente de la Confédération ne peut pas dire quand et si les frontières vont rouvrir dans un proche avenir

Samedi au Tessin, Simonetta Sommaruga a appelé les Suisses à regarder l'avenir avec confiance et à ne pas penser à une deuxième vague de Covid-19. Elle a également rendu hommage aux «petits métiers» indispensables à notre vie quotidienne.

«Nous avons vu durant cette crise à quel point des infrastructures» telles que La Poste sont importantes, a déclaré la présidente de la Confédération, qui a notamment visité le nouveau centre de colis de La Poste à Cadenazzo (TI). Les collaborateurs du géant jaune symbolisent tous ceux qui ont effectué un travail extraordinaire durant ces semaines. «Cette crise nous a montré que ces métiers invisibles font marcher le monde», a-t-elle relevé.

La conseillère fédérale s'est également intéressée au tourisme, un secteur important pour toute la Suisse à ses yeux. Le tourisme tessinois peut créer une «atmosphère positive» après ses semaines sombres, a-t-elle dit, en relevant que Pâques sans le Tessin a été étrange, y compris pour elle à titre personnel. Les responsables du tourisme se réuniront le 24 mai pour planifier l'avenir, a-t-elle relevé, en soulignant que le Conseil fédéral allait débloquer des fonds supplémentaires pour permettre à Suisse Tourisme de mener une campagne de marketing.

La cheffe du Département fédéral des transports (DETEC) a toutefois affirmé ne pas savoir si et quand les frontières pourraient rouvrir. Cela dépend également de la situation sanitaire dans les pays voisins, a-t-elle dit.

Simonetta Sommaruga s'est réjoui des discussions «très fructueuses» avec les autorités tessinoises, qui ont géré avec une grande transparence les problèmes du canton. De son côté, le président du Conseil d'Etat tessinois a souligné l'unité de la Suisse, qu'il a comparée à la force et à la solidité d'un cristal à «mille facettes».


■ Le Royaume-Uni devient le 2e pays le plus touché d'Europe

Le Royaume-Uni a recensé samedi 621 morts supplémentaires dus au nouveau coronavirus, portant le bilan total des décès à 28 131 dans le pays, le deuxième le plus touché en Europe, a annoncé le ministre du Logement, Robert Jenrick.

Le nombre de contaminations officiellement comptabilisées atteint 182 260 cas (+4806), a précisé le ministre lors d'une conférence de presse. Le Royaume-Uni est le troisième pays au monde le plus durement touché par la maladie Covid-19 en termes de décès, derrière les Etats-Unis et l'Italie, pays européen qu'il talonne de près.

Critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la crise et l'insuffisance du dépistage, le gouvernement britannique a annoncé vendredi avoir atteint son objectif de 100 000 tests par jour, qu'il s'était fixé début avril pour la fin du mois. Mais les résultats fièrement affichés par le gouvernement ont toutefois été critiqués dans les médias car ils tiennent compte aussi des milliers de tests envoyés à domicile, dont les résultats ne sont pas forcément connus.


■ La RDC, déjà frappée par Ebola en 208-2019, craint la propagation du virus dans ses prisons surpeuplées

Le Covid-19 a commencé à frapper en milieu carcéral en République démocratique du Congo, avec des risques de «catastrophe» et d'«hécatombe» dans des prisons «insalubres et surpeuplées», où des détenus meurent par dizaines chaque année.

Au total 43 détenus ont été testés positifs jeudi et vendredi à la prison militaire de Ndolo en plein centre de la capitale Kinshasa, troisième plus grande ville d'Afrique avec au moins dix millions d'habitants. Le bilan pourrait s'alourdir puisque les «prélèvements de tous les détenus sont en cours» d'après le dernier bulletin épidémiologique des autorités sanitaires vendredi. La prison militaire de Ndolo compte 1900 à 2000 prisonniers.

La RDC enregistrait officiellement en moyenne 10 à 20 nouveaux cas par jour depuis l'apparition du virus sur son sol le 10 mars (604 cas depuis cette date, dont 579 à Kinshasa, pour 32 décès). Le virus serait rentré en prison «par une dame qui est venue déposer de la nourriture», selon le ministre de la Santé Eteni Longondo, qui veut isoler les cas positifs et désinfecter les cellules. «Les prisons surpeuplées et insalubres de la RDC présentent un grave risque de propagation de l'épidémie de Covid-19», avait prévenu dès le 17 avril l'organisation de défense des droits de l'homme Human Right Watch (HRW). Les prisons congolaises sont parmi les plus surpeuplées du monde», avec "un taux de surcapacité moyen de 432%", ajoutait HRW, qui prenait l'exemple de la prison de Goma (600%) ou de l'autre centre pénitentiaire de Kinshasa, la prison centrale de Makala (461%).


■ Détenus libérés des prisons philippines

Quelque 10 000 détenus ont été libérés aux Philippines pour tenter d'enrayer la propagation du nouveau coronavirus dans les prisons surpeuplées du pays, a annoncé la Cour suprême samedi.

«La Cour est tout à fait consciente du surpeuplement de nos prisons«, a déclaré à la presse Mario Victor Leonen, magistrat de la Cour suprême, en annonçant la libération de 9731 prisonniers, qui attendent leur procès en prison faute de pouvoir payer leur caution. L'émergence de cas de maladie Covid-19 a été signalée dans certaines des prisons les plus surpeuplées du pays, à la fois chez des détenus et au sein du personnel pénitentiaire.

La distanciation sociale est quasi impossible dans les établissements pénitentiaires philippins, dans lesquels les cellules accueillent parfois jusqu'à cinq fois plus de détenus que prévu, en raison d'infrastructures inadaptées et d'un système judiciaire lent et surchargé. La surpopulation dans les prisons s'est aggravée depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 du président Rodrigo Dutertre et sa croisade contre le trafic de drogue qui a jeté des milliers de personnes en prison.

Parmi les prisons ayant fait état de cas de Covid-19, figure la Prison municipale de Quezon, dans la capitale Manille, un établissement tellement surpeuplé que les détenus dorment à tour de rôle sur des escaliers ou des terrains de basketball en extérieur. Les cas les plus nombreux ont été recensés dans deux prisons de l'île de Cebu, au centre de l'archipel, qui comptaient vendredi un total de 348 infections sur plus de 8 000 détenus.


■ Plus de patients sérieux dans les hôpitaux de Wuhan, se félicite l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé a salué vendredi l'évolution de la situation dans la ville chinoise de Wuhan, d'où a émergé le nouveau coronavirus. Responsable technique pour le Covid-19 au sein de l'OMS, Maria Van Kerkhove a déclaré: «C'est une très bonne nouvelle d'apprendre qu'il n'y a plus de cas sévères, plus de patients» dans les hôpitaux de Wuhan.

Et l'épidémiologiste américaine d'ajouter: «De l'admiration et un grand merci pour les efforts inlassables des gens de Wuhan, non seulement le personnel médical, but aussi les gens qui sont restés à la maison et qui ont accepté les mesures de santé publique sur une longue période. Chapeau!»


 

■ 10 000 nouveaux cas en 24 heures en Russie

La Russie a annoncé samedi avoir enregistré quasiment 10 000 nouveaux malades du coronavirus au cours des dernières 24 heures, un record de contaminations pour un seul jour, pour le pays.

Le nombre de malades du Covid-19 a bondi de 9623 pour s'établir à 124 054, selon les chiffres des autorités. Cinquante-sept personnes sont décédées au cours des dernières 24 heures, faisant passer le total de morts à 1222, un taux de décès officiel restant limité par rapport à d'autres pays comme l'Italie, l'Espagne ou les Etats-Unis.

Le maire de Moscou a de son côté indiqué samedi, citant le résultat de tests, qu'environ 2% des habitants de la capitale - soit plus de 250 000 personnes - sont atteints par le Covid-19.

«D'après des tests de dépistages réalisés sur des groupes de population variés, le nombre réel de personnes infectées est d'environ 2% de la population totale de la ville», a écrit Sergueï Sobianine sur son blog. Les chiffres officiels indiquent que Moscou compte 62 658 cas de malades du coronavirus, en faisant de loin le principal foyer de l'épidémie en Russie.

La population moscovite représente officiellement 12,7 millions de personnes mais les chiffres réels sont sans doute supérieurs.


■ Le gouvernement français a décidé de prolonger jusqu'au 24 juillet l'état d'urgence sanitaire

Le gouvernement français a décidé samedi de prolonger de deux mois, jusqu'au 24 juillet, l'état d'urgence sanitaire en vigueur pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Effectif depuis le 24 mars, l'état d'urgence sanitaire est prorogé car sa levée le 23 mai «serait prématurée», «les risques de reprise épidémique» étant "avérés en cas d'interruption soudaine des mesures en cours», indique le projet de loi examiné samedi en Conseil des ministres et qui doit être soumis à partir de lundi au Parlement.

Le texte précise notamment les conditions de quarantaine des personnes arrivant en France et atteintes du virus. Il porte aussi sur la mise en oeuvre d'un «système d'information« concernant les personnes malades et leur entourage pour une durée maximale d'un an.

Il vise à «conforter le cadre juridique» et l'«élargir» pour «y intégrer les enjeux du déconfinement», qui doit débuter le 11 mai, a indiqué Olivier Véran à l'issue du conseil des ministres. «Nous allons devoir vivre pour un temps avec le virus», a-t-il souligné. «Apprendre à vivre avec le virus, voilà l'enjeu des prochains mois», a renchéri le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.


■ Un foyer pour personnes âgées de Manhattan décimé

Au Isabella Geriatric Center, un home pour personnes âgées à Manhattan, qui abrite 705 lits, 98 décès ont été constatés ces derniers jours. Pour le maire de New York Bill de Blasio, cité par The Guardian, «C'est absolument horrible. Comment peut-on imaginer de perdre autant de gens à un même endroit.» Le home a dû en catastrophe commander un camion réfrigéré, les entreprises de pompes funèbres étant totalement débordées. Le foyer de personnes âgées n'a eu que peu et tardivement accès à des tests, rendant difficile l'identification de cas positifs.

 

■ 35 décès supplémentaires en vingt-quatre heures en Suisse

La Suisse enregistre 112 nouveaux cas de contamination au coronavirus en 24 heures, un chiffre dans la moyenne des jours précédents, mais souvent en reflux pendant le week-end.

L'incidence continue de grimper pour atteindre une moyenne de 347 cas pour 100 000 habitants.

L'Office fédéral de la santé publique signalait samedi 1467 personnes décédées en lien avec le Covid-19, soit 35 de plus que vendredi, ce qui représente une incidence de 17 décès par 100 000 habitants. Le nombre de personnes décédées par 100 000 d’habitants est de 2 à 3 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes, plus on monte dans la pyramide de l’âge.

De leur côté, les cantons annonçaient 1755 décès samedi à la mi-journée et 3732 hospitalisations liées au Covid-19. Quant aux infections, le nombre de personnes contaminées en Suisse approche la barre des 30'000 personnes (29 817).

Le classement des cantons les plus touchés, proportionnellement à leur population, montre que la Suisse latine reste en première ligne: Genève (1021,9/100 000 habitants), Tessin (904,8), Vaud 675,6), Bâle-Ville (568,9) et Valais (534,7).

Pour ce qui est des tests, on en dénombrait 276 000 tests samedi, dont 13% étaient positifs. Plusieurs tests positifs ou négatifs sont possibles chez la même personne.


■ L'UDC demande la levée immédiate de l'état d'urgence

L'UDC demande la levée immédiate de l'état d'urgence, au vu des dégâts qu'il occasionne à l'économie. Son immobilisation coûte à la Suisse quelque 6 milliards de francs par semaine.

Lors de la session extraordinaire qui s'ouvre lundi, le groupe UDC va déposer une intervention demandant outre la levée de l'état d'urgence la fin de versements de nouveaux subsides sur la base du droit d'urgence et combattant l'idée que l'Etat force les bailleurs à renoncer aux loyers. Sur ce dernier point, le groupe estime qu'il s'agirait purement et simplement d'une expropriation imposée par l'Etat.

Les mesures du Conseil fédéral contre le coronavirus ont des effets désastreux sur l'économie. Plus d'un tiers des salariés sont au chômage partiel et plus de 150 000 personnes ont perdu leur emploi, relève l'UDC. Elle ne veut pas encore alourdir la facture.

La formation prône dès lors également de suspendre la libre circulation des personnes pour engager en priorité des chômeurs suisses et de cesser de distribuer des centaines de millions de francs à l'étranger. En outre, le Conseil fédéral doit accélérer la prévention de crises, «ce qui a manifestement été négligé jusqu'ici», notamment pour le matériel médical et de prévention, écrit l'UDC.

Constatant que jusqu'à 97% des décès concernent des personnes âgées de plus de 65 ans affectées de pathologies préexistantes, l'UDC estime qu'il suffit que ces dernières s'isolent. Les autres, tant les personnes âgées en bonne santé que les plus jeunes doivent à nouveau pouvoir se rendre dans les magasins, travailler et participer à la vie sociale, bref vivre normalement.


■ Un chat a été testé positif au Covid-19 en France

Un chat a été testé positif au nouveau coronavirus pour la première fois en France après avoir probablement été infecté par ses propriétaires, annonce l'École nationale vétérinaire d'Alfort, à l'est de Paris, qui recommande aux personnes malades d'appliquer une distanciation avec leur chat.

«L'unité mixte de recherche en virologie de l'École nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA), de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et de l'Inrae, en lien avec l'Institut Pasteur, a détecté le premier chat porteur du SRAS-CoV-2 en France», peut-on lire sur le site de l'ENVA.

Cette unité a mené des tests, avec l'aide des vétérinaires de la région parisienne, sur une dizaine de chats dont les propriétaires étaient possiblement contaminés. L'un des chats, situé près de Paris, a été testé positif et présentait «des signes cliniques respiratoires et digestifs».

«À ce stade des connaissances scientifiques, il semble que les chats ne sont pas aisément infectés par le virus SRAS-CoV-2 même en contact avec des propriétaires infectés», indique toutefois l'ENVA, «avec seulement quatre chats naturellement infectés signalés dans le monde» jusqu'alors.


■ L'assouplissement du déconfinement en Espagne


■ Pour l'OMS, le nouveau coronavirus est «d'origine naturelle»

L'OMS, qui appelle Pékin à l'associer aux enquêtes sur l'origine du nouveau coronavirus, a estimé vendredi qu'il était d'«origine naturelle», au moment où le président américain l'a lié à un laboratoire chinois. Partie de Wuhan en Chine en décembre, l'épidémie a contaminé depuis plus de 3,2 millions de personnes dans le monde et fait au moins 230 000 morts, selon un bilan établi par l'AFP.

«En ce qui concerne l'origine du virus à Wuhan, nous avons écouté de nombreux scientifiques qui ont étudié ce virus, et on nous assure que ce virus est d'origine naturelle», a affirmé le directeur des programmes d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé, Michael Ryan, interrogé par un journaliste. «Ce qui est important, c'est que l'on détermine l'hôte naturel de ce virus», a-t-il poursuivi, au cours d'une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l'organisation à Genève. Il a expliqué que l'«objectif principal est de faire en sorte que nous puissions bien comprendre le virus, que nous comprenions la transmission d'animal à humain et que nous comprenions comment la barrière entre les espèces animale et humaine a été franchie». L'objectif de cette étude est «de mettre en place les mesures de santé publique et de prévention pour empêcher que cela puisse se reproduire où que ce soit», a-t-il insisté à plusieurs reprises.


 

■ Plus d'un million et demi de cas en Europe

Plus d'un million et demi de cas de contamination par le nouveau coronavirus ont été officiellement diagnostiqués en Europe, soit un peu moins de la moitié du total mondial, selon un comptage réalisé par l'AFP samedi.

Avec au moins 1 506 853 cas, pour 140 260 décès, l'Europe est le continent le plus touché par la pandémie de Covid-19. Au total dans le monde, 3 350 224 cas et 238 334 morts ont été recensés.

L'Espagne (215 216 cas, 24 824 décès), l'Italie (207 428, 28 236), le Royaume-Uni (177 454, 27 510), la France (167 346, 24 594) et l'Allemagne (161 703, 6 575) sont les cinq pays européens comptant officiellement plus de 150 000 cas sur leur territoire, tandis que la Russie (124 054, 1 222) est celui qui enregistre actuellement quotidiennement le plus grand nombre de nouveaux cas.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations, de nombreux pays ne testant désormais plus que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière.


■ En Tunisie, un robot s'occupe des patients

Un robot a été déployé dans l'un des principaux hôpitaux tunisiens qui prend en charge les patients atteints du Covid-19, afin de limiter les contacts entre soignants et malades et d'améliorer les échanges entre patients et familles, une première dans le pays.

Cet appareil longiligne à roues, surmonté d'un écran, est spécialisé dans le domaine médical: il peut mesurer la température, le pouls ou encore la saturation d'oxygène dans le sang. Mais à l'hôpital Abderrahmane Memmi de l'Ariana, près de Tunis, le premier à être équipé de ce type d'appareil dans le pays, le robot va surtout permettre aux médecins et aux proches de se rendre virtuellement au chevet des patients.

«Ca va permettre de diminuer le contact avec le malade et donc le risque de contamination du personnel», souligne le Dr Nawel Besbes Chaouch, qui dirige le service de pneumologie chargé des personnes contaminées. «Cela facilite aussi la communication avec le patient: il pourra nous voir sur l'écran sans qu'on ait à mettre tous nos équipements de protection, qui l'empêchent de voir nos visages et de nous reconnaître», souligne-t-elle.

Un site web permet aux familles de réserver un créneau horaire au cours duquel le robot sera téléguidé jusque dans la chambre du patient pour permettre une conversation vidéo, les visites étant interdites.


■ Hécatombe annoncée au Brésil

Avec un confinement de moins en moins respecté et un système de santé précaire, le Brésil semble condamné à devenir le prochain épicentre de la crise planétaire du coronavirus, qui s'y propage à une vitesse galopante.

«La question n'est pas de savoir si le Brésil sera un jour le principal foyer de contamination au monde: c'est déjà le cas», déclare à l'AFP Domingos Alves, responsable du Laboratoire de renseignements sur la Santé (LIS) de l'université de Sao Paulo (USP). Selon les estimations du collectif de chercheurs Covid-19 Brasil, dont il fait partie, le Brésil comptait plus d'1,3 million de cas de coronavirus jeudi et une hécatombe se profile.

C'est 16 fois plus que les 85 646 cas confirmés ce jour-là par le ministère de la Santé, dans ce pays de 210 millions d'habitants où l'on dépiste très peu. À titre de comparaison, les Etats-Unis, qui comptent le plus grand nombre de personnes infectées, viennent de franchir officiellement le cap du million. Le Brésil a par ailleurs le taux de contamination le plus élevé du monde (2,8), selon l'Imperial College of London.


■ La Belgique découvre «Super-Sophie»

Quasi inconnue il y a six mois, elle est devenue «super-Sophie» pour certains. La Première ministre belge Sophie Wilmès s'est révélée à la faveur de la crise du coronavirus, même si une autre partie délicate l'attend avec le déconfinement à partir de lundi. «Franche, calme, professionnelle», sachant montrer de «l'empathie»: médias et experts de la politique ont usé des mêmes qualificatifs pour décrire la dirigeante libérale francophone de 45 ans face à une situation exceptionnelle.

«C'est clair que cette crise l'a fait changer complètement de stature», déclare à l'AFP Vincent Laborderie, politologue de l'Université catholique de Louvain, parlant d'une ministre qui est entrée au gouvernement en 2015 avec le portefeuille du Budget, un poste où son sérieux et sa rigueur ont séduit le Premier ministre de l'époque, Charles Michel, autre figure des libéraux francophones. «Neuve dans le paysage», elle a un aspect «non-clivant» qui a plu aux Belges, et «le côté féminin a joué aussi», ajoute Vincent Laborderie, alors que la Belgique a été durement éprouvée par la pandémie (plus de 7 700 morts recensés vendredi).


■ En Allemagne, les migrants cousent des masques

Dans un centre communautaire à Berlin, une dizaine de migrants venus d'Iran ou d'Afghanistan s'appliquent derrière des machines à coudre: ils fabriquent des masques qui seront distribués gratuitement à la population. «Chacun doit faire quelque chose s'il le peut», déclare l'une de ces bénévoles, Jamila Ahmadi, derrière son masque en tissu blanc aux motifs floraux dorés, l'une de ses créations.

«L'Allemagne nous aide et maintenant nous voulons et nous devons aider les gens», ajoute cette Afghane de 45 ans. Petite main aguerrie, elle coud une cinquantaine de masques par jour dans des salles transformées en ateliers de couture, emplies du ronronnement des machines et encombrées de larges rouleaux de tissus de toutes les couleurs. La demande est grande, comme en témoigne la longue file d'attente qui s'étend à l'extérieur du centre situé dans le quartier de Spandau, dans l'ouest de la capitale.

Depuis lundi, les masques sont plus que jamais convoités. Leur port est devenu obligatoire dans les transports en commun et les magasins en Allemagne.

 


■ Chez le dentiste, le risque de contamination passe par les aérosols

Jusque-là, ils n'avaient le droit de traiter que les urgences, mais lundi, les dentistes ont repris une activité presque normale avec des mesures d'hygiène renforcées. Pour eux, le risque de contamination réside surtout dans les aérosols, estiment deux professionnels.

«Nos instruments rotatifs qui envoient de l'air et de l'eau fabriquent des gouttelettes. Cette brumisation, qui part de la bouche du patient, est contaminée de tout ce que contient sa salive ou son sang», explique à Keystone-ATS Philippe Chapelot, médecin-dentiste et chef de la clinique Adent à Martigny.

Les gouttelettes vont ensuite se retrouver dans l'air de la salle de soin et aller dans les yeux, le nez, la bouche. Dentistes, hygiénistes, assistants, patients sont en première ligne. «Il faut se protéger en permanence», insiste Philippe Chapelot. «Si les choses sont bien faites, il n'y a pas de risque. Mais comme le risque zéro n'existe pas, il faut être très prudent», résume-t-il.

Un plan de protection a donc été «expressément élaboré pour que les cabinets puissent rouvrir tout en garantissant la sécurité du personnel et des patients», ajoute la dentiste Caroline Dierckx, membre du comité SSO Valais. Il a été conçu par des scientifiques, la Société suisse des médecins-dentistes (SSO) et l'association des médecins-dentistes cantonaux de Suisse (AMDCS).

Parmi les recommandations figure la nécessité d'espacer les rendez-vous d'au moins quinze minutes afin de désinfecter et d'aérer au maximum la salle de soins après le traitement. «Le protocole diffère ensuite si la personne est «normale» à risque ou porteuse du covid-19», détaille la doctoresse, qui souligne l'importance de trier les patients par téléphone en menant une anamnèse poussée.