L’essentiel

L'Inde interdit l'exportation du remdesivir, un médicament anti-viral utilisé contre le Covid-19. Les autotests devraient être à nouveau disponibles dès le début de semaine. Les troubles psychosomatiques et les symptômes dépressifs graves ont augmenté l’année dernière selon une étude zurichoise, en particulier chez les jeunes. La Confédération se retrouve avec 740’000 tests périmés sur les bras. L’UDC veut exiger des ouvertures élargies au 19 avril. La France, elle, élargit la vaccination au plus de 55 ans.

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■ L'Inde interdit l'exportation du remdesivir jusqu'à nouvel ordre

Alors que le pays connaît un nouveau record d'infections quotidiennes, l'Inde a décidé d'interdir, dimanche, l'exportation du traitement antiviral remdesivir, utilisé pour traiter le Covid-19. 

Le vaste pays connaît une flambée de contaminations ces dernières semaines. 152.000 nouveaux cas ont été recensés dimanche, portant le total à au moins 13,3 millions de personnes contaminées.

Le ministère de la Santé a indiqué que la hausse des infections a entraîné un «bond soudain de la demande» de remdesivir. «Il y a un potentiel de nouvelle hausse de la demande dans les jours à venir», et les exportations seront donc interdites «jusqu'à ce que la situation s'améliore», selon un communiqué du ministère.

Le remdesivir, fabriqué par le géant pharmaceutique américain Gilead, était un des premiers médicaments à montrer quelque effet pour écourter la période de rétablissement pour certains malades du Covid-19. Mais une étude soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi qu'il n'avait que «peu ou pas d'effet» sur la mortalité des patients.

Gilead a signé l'an dernier des accords d'octroi de licences avec des fabriquants de médicaments génériques établis en Inde, au Pakistan et en Egypte qui les autorisent à fabriquer le remdesivir afin de les distribuer dans 127 pays, la plupart à faible revenu. Sept sociétés en Inde - le plus grand producteur mondial de médicaments génériques - sont autorisées à fabriquer le remdesivir. Elles peuvent produire mensuellement jusqu'à 3,88 millions de doses injectables, selon le ministère.

L'Inde a également ralenti ses exportations de vaccins, plusieurs Etats ayant prévenu ces derniers jours que leurs stocks arrivaient à épuisement.

■ Les autotests devraient à nouveau être disponibles en début de semaine

Samedi matin, certaines pharmacies ne pouvaient plus distribuer les cinq tests promis. Les clients n'en recevaient qu'un ou deux. Un constat corroboré par la faîtière Pharmasuisse. Selon elle, certaines officines n'avaient pas été livrées à temps ou n'avaient pas reçu la quantité commandée.

Roche a admis samedi qu'elle n'était plus en mesure de fournir des autotests aux pharmacies depuis vendredi après-midi en raison de la forte demande. Les livraisons devraient reprendre dès le début de la semaine. L'entreprise pharmaceutique pourra alors fournir plusieurs centaines de milliers de tests à faire soi-même par jour. La demande de la population pourra être entièrement couverte au cours de la semaine, selon l'entreprise pharmaceutique.

Les pharmacies sont toutefois remontées contre Roche. L'entreprise avait à l'origine promis bien plus de tests que ce qui a été livré, a déclaré Martine Ruggli, présidente de la faîtière Pharmasuisse dans une interview au Tagesschau de la télévision SRF.

Selon Pharmasuisse, les pharmacies ont reçu huit millions de tests. Roche écrit pour sa part en avoir fourni neuf millions à des grossistes et des pharmacies. Vendredi, plus d'un demi-million ont été distribués aux clients en Suisse. La demande a donc été «en grande partie» satisfaite, selon l'entreprise.

■ Zurich constate une hausse des tentatives de suicide chez les jeunes possiblement en lien avec la situation sanitaire.

Les tentatives de suicide chez les enfants et adolescents enregistrées à l’Hôpital pédiatrique universitaire de Zurich ont plus que doublé l’an dernier. Les admissions pour troubles psychosomatiques ont également triplé en raison de la pandémie.

Même si aucune donnée scientifique ne l’étaye pour l’instant, le lien avec la situation sanitaire est hautement vraisemblable, indique Markus Landolt, psychologue en chef de l’établissement, dans une interview publiée par la NZZ am Sonntag. En 2020, 49 enfants et adolescents ont été admis aux urgences après une tentative de suicide, contre 22 en 2019.

Cette année, on en est déjà à 21, ajoute le Pr Landolt, et la situation s’aggrave. La plupart des jeunes concernés sont âgés de plus de douze ans et plus de la moitié sont des filles. Toutes les classes sociales sont touchées.

Sont également en hausse les troubles alimentaires, dont certains mettent la vie en danger, et les troubles dissociatifs de la perception du corps. Pendant la deuxième vague, entre novembre et mars derniers, les admissions en stationnaire ont triplé par rapport à une année auparavant.

De nombreux jeunes décrivent des situations familiales très difficiles, des conflits et de la violence, poursuit le spécialiste. Il y a aussi ceux qui ont peur du décrochage scolaire, de décevoir les attentes des parents ou plus généralement des angoisses face à l’avenir.

Le suivi des intéressés est également précaire. Il est pratiquement impossible de trouver une place pour un traitement psychothérapeutique, la situation est catastrophique, conclut le Pr Landolt.

En décembre dernier, l’étude Swiss Corona Stress Study menée à l’Université de Bâle avait déjà montré que les jeunes sont particulièrement touchés. Les chercheurs ont également constaté une corrélation entre la force de la deuxième vague et la fréquence des symptômes dépressifs graves dans les cantons.

■ L’UDC va exiger des ouvertures plus rapides

L’UDC veut exiger en début de semaine prochaine, via la commission de l’économie du National, des ouvertures immédiates dès le 19 avril pour les restaurants et les différents acteurs des domaines de la culture, du sport et des loisirs, rapporte la SonntagsZeitung ce dimanche.

■ La Confédération se retrouve avec des centaines de milliers de tests PCR périmés

La Confédération se retrouve avec des milliers de tests PCR périmés sur les bras, selon la NZZ am Sonntag. Les autorités auraient acheté au printemps dernier plus d’un million de tests, prévus comme réserve en cas d’urgence. Ce pour quoi cette dernière a dépensé environ 16,7 millions de francs, d’après un porte-parole de l’armée. La Confédération a réussi à revendre environ 300’000 tests PCR au cours des trois premiers mois de l’année en cours, ce qui lui a rapporté 3 millions de francs. Toutefois, 740’000 tests sont désormais périmés. En raison de leurs composants biochimiques, les tests PCR ont une durée de vie limitée.

■ En France, la vaccination s’ouvre au plus de 55 ans

La vaccination contre le Covid-19 va être ouverte sans conditions à partir de lundi à tous les Français âgés de 55 ans ou plus, avec les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran.

Depuis le 19 mars, la France réserve aux plus de 55 ans le vaccin du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca, après des cas rares mais graves de troubles de la coagulation observés sur des patients moins âgés.