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Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, le 19 mai 2016. (Reuters)
© © Sergei Karpukhin / Reuters

Etats-Unis

La Russie dément toute ingérence dans la campagne électorale américaine

Les renseignements américains soupçonnent le Kremlin d'être derrière la vaste fuite d'emails de hauts responsables du parti démocrate. «Tout est possible», a affirmé Barack Obama. Le porte-parole du Kremlin a vivement réagi à ses soupçons

Le Kremlin a démenti mercredi toute ingérence dans la campagne électorale américaine en réponse au président Barack Obama qui n’a pas écarté la possibilité que la Russie tente d’influencer la présidentielle en faveur du candidat républicain Donald Trump.

Lire aussi: Vladimir Poutine veut-il faire élire Donald Trump?

«Le président Poutine a dit à plusieurs reprises que la Russie n’avait jamais interféré et n’interfère pas dans les affaires intérieures (d’un pays), surtout pas dans les processus électoraux d’autres pays», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réponse à une question sur les déclarations de Barack Obama à NBC.

«Si on veut parler de soupçons contre un autre pays, il faut au minimum être concret et précis. Enoncer des hypothèses dénote un manque d’approche constructive», a fustigé le porte-parole du Kremlin, soulignant que Moscou fait «très attention à éviter toute action, toute parole pouvant être considérée comme une ingérence directe ou indirecte dans la campagne électorale».

«Tout est possible», selon Obama

La mise au point du Kremlin intervient après les déclarations à la chaîne NBC News où le président américain estime qu’il est «possible» que la Russie tente d’influencer la présidentielle américaine en faveur du candidat républicain.

«Tout est possible», a dit Barack Obama, interrogé sur la question d’une responsabilité de la Russie dans la vaste fuite d’emails de hauts responsables du parti démocrate. Ces courriels, publiés vendredi par le site Wikileaks, ont montré la méfiance et le mépris de responsables du parti pour Bernie Sanders, l’ancien rival d’Hillary Clinton pour la primaire démocrate.

Cette fuite a provoqué l’embarras des démocrates en pleine ouverture de la convention du parti lundi à Philadelphie. Des experts en sécurité informatique recrutés par la campagne Clinton ont laissé entendre que la Russie en était responsable, estimant que son objectif était de favoriser Donald Trump.

«Les Russes piratent nos systèmes»

Mercredi, le New York Times affirme que les agences de renseignement américain ont désormais la «forte conviction» que le gouvernement russe se trouve bien derrière les fuites. Les renseignements ignorent toutefois si cette affaire relève d’un espionnage de routine ou si elle fait partie d’une opération visant à influencer l’élection présidentielle.

Barack Obama ne s’est pas exprimé sur les éventuels objectifs du piratage mais a néanmoins rappelé les précédents commentaires de Donald Trump sur la Russie. «Donald Trump a exprimé son admiration pour Vladimir Poutine à plusieurs reprises», a déclaré le président américain. «Et je pense que Trump a bénéficié d’une couverture plutôt favorable en Russie.» «Ce que nous savons, c’est que les Russes piratent nos systèmes. Pas seulement ceux du gouvernement, mais aussi des systèmes privés», a-t-il dit.

De son côté, le président Vladimir Poutine s’est exprimé à deux reprises sur Donald Trump. Alors que les relations entre Washington et Moscou sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide en 1991, tout juste avait-il, dans une déclaration consensuelle en juin, salué la volonté de Donald Trump de rétablir entièrement les relations entre Moscou et Washington.

«Mais nous n’interférons jamais dans les processus politiques internes d’autres pays, surtout aux Etats-Unis. Nous allons travailler avec n’importe quel président élu par le peuple américain», avait-il affirmé. Fin décembre, il avait qualifié le milliardaire américain d'«homme brillant et plein de talent».

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