«Il est profondément regrettable que les autorités thaïlandaises aient cédé à une pression politique venue de l’extérieur et procédé à l’extradition illégale de V.A. Bout», a déclaré le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué. «Du point de vue du droit, ce qui se passe est dénué d’explication et de justification rationnelle», a-t-il ajouté.

«Tout a été fait très rapidement, voire de manière urgente et en secret d’après nos impressions. Cela suscite l’étonnement», a de son côté déclaré le consul de Russie à Bangkok, Andreï Dvornikov, cité par l’agence Interfax.

«Moins de trois heures après la décision du gouvernement thaïlandais, Viktor Bout se trouvait dans l’avion», a déclaré le diplomate russe, soulignant notamment qu’il n’avait pu organiser une rencontre de M. Bout avec ses avocats et son épouse avant l’extradition.

Le gouvernement de Bangkok a autorisé mardi l’extradition de Viktor Bout après deux années et demi de querelles judiciaires entre Washington et Moscou. Il a été transféré mardi matin vers les Etats-Unis à bord d’un petit avion spécialement affrété par les Américains.

Cet ancien officier de l’armée de l’air soviétique, aujourd’hui âgé de 43 ans, est accusé par Washington d’avoir clandestinement livré des armes depuis les années 1990 en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.