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Le ciel de Damas, 14 avril 2018.
© Hassan Ammar/AP

attaque

La Russie dénonce une «agression» contre la Syrie

Vladimir Poutine fustige les frappes menées pendant la nuit par les forces américaines, anglaises et françaises. Les autorités russes essaient surtout de minimiser l'événement

Vladimir Poutine a dénoncé ce samedi les frappes occidentales sur le régime de son allié, Bachar al-Assad, les militaires russes se félicitant, eux, de l'efficacité de la défense antiaérienne syrienne qu'ils ont grandement contribué à former. «La Russie dénonce avec la plus grande fermeté l'attaque sur la Syrie, où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme», a déclaré le président russe dans un communiqué diffusé par le Kremlin.

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Un «acte d'agression»

Les frappes occidentales, menées «sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, en violation de la Charte des Nations unies, des normes et principes du droit international», constituent «un acte d'agression à l'encontre d'un Etat souverain», a estimé M. Poutine qui a appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon l'armée russe, aucune victime civile ou militaire syrienne n'est à déplorer après les frappes menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en riposte à une attaque chimique présumée le 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, imputée au régime de Damas.

Au réveil, Donald Trump a pour sa part estimé que l'opération se concluait par un «mission accomplie».

Des missiles interceptés?

Au cours d'une conférence de presse samedi à Moscou, le général russe Sergueï Roudskoï a affirmé que la défense antiaérienne syrienne avait réussi à intercepter 71 des 103 missiles de croisière tirés par les Occidentaux et estimé que les dégâts étaient minimes, des bâtiments touchés étant inutilisés.

«Cela témoigne de la grande efficacité de ces systèmes (antiaériens de conception soviétique) et de l'excellente formation du personnel militaire syrien, entraîné par nos spécialistes», a estimé Sergueï Roudskoï, en promettant de continuer à améliorer la défense syrienne, éventuellement avec des systèmes modernes russes S-300.

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Les politiciens déchainés

Les frappes contre la Syrie ont suscité un tollé dans la classe politique russe. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un coup porté à un pays qui a résisté pendant des années à «une agression terroriste». Des députés et sénateurs russes ont qualifié les frappes de "crime de guerre, agression militaire, et violation flagrante du droit international», tout en restant discrets sur la manière dont Moscou pourrait riposter.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement, Konstantin Kossatchev, cité par les agences russes, a estimé que la réponse de la Russie «ne devra pas être militaire, mais rester dans le domaine du droit».

Les attaques de Donald Trump

Le président américain Donald Trump, en annonçant les frappes, avait dénoncé dans des termes d'une rare dureté le soutien de Moscou à Bachar al-Assad, affirmant que «la réponse d'aujourd'hui est la résultante directe de l'échec de la Russie à tenir ses promesses».

Il faisait allusion à l'accord de démantèlement de l'arsenal chimique syrien passé en 2013 par son prédécesseur Barack Obama avec le président russe Vladimir Poutine. En échange, le président démocrate avait renoncé à bombarder le régime de Damas en dépit de la «ligne rouge» qu'il avait lui-même fixée.

«Les nations du monde peuvent être jugées par les amis qu'elles gardent. Aucune nation ne peut réussir sur le long terme en faisant la promotion de tyrans brutaux et de dictateurs meurtriers», a ajouté Donald Trump. «La Russie doit décider si elle continue sur cette voie sinistre ou si elle rejoint les nations civilisées en tant que force de stabilité et de paix.»

L'opération militaire contre la Syrie est pourtant restée limitée, les Occidentaux ayant pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays aux côtés du régime.

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