Europe

La Russie et l’Ukraine font des progrès sur la livraison de gaz

Vladimir Poutine et Petro Porochenko ont négocié vendredi à Milan en marge du sommet Asie-Europe

La Russie et l’Ukraine font des progrès sur la livraison de gaz

Europe Vladimir Poutine et Petro Porochenko ont négocié à Milan

Les présidents russe, Vladimir Poutine, et ukrainien, Petro Porochenko, ne sont pas rentrés les mains vides de Milan vendredi après une série de réunions en marge du sommet Asie-Europe. Gazprom pourrait ainsi reprendre la livraison de gaz à l’Ukraine, Kiev s’étant engagé à honorer ses arriérés de factures. Une nouvelle réunion au niveau ministériel est déjà prévue mardi prochain à Bruxelles. Car il y a urgence à l’approche de l’hiver. Les réserves de gaz en Ukraine n’ont pas été alimentées depuis le printemps dernier. Pour parer au pire, Kiev presse la population de doubler les isolations des immeubles pour réduire au maximum la consommation.

Cette avancée sur le front énergétique a été rendue possible grâce à la présence dans la capitale lombarde de nombreux dirigeants européens: la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, le premier ministre britannique, David Cameron, et bien sûr l’hôte italien, Matteo Renzi, ont pesé de tout leur poids pour parvenir à un début de compromis. «L’accord sur le gaz est maintenant vraiment à portée de main et c’est très important pour les Ukrainiens et très rassurant pour les Russes, qui veulent effectivement être payés», a déclaré le chef de l’Elysée hier après-midi à l’issue de l’une des séances marathons organisées hier. Plus tôt dans la journée, la chancelière s’était pourtant déclarée pessimiste.

Drones de surveillance

Des progrès ont aussi été enregistrés sur le volet politique des négociations en vue de parvenir à une solution durable à la crise. Les Européens ont insisté sur le respect du protocole d’accord en matière de cessez-le-feu, de contrôle des frontières et de la tenue des élections, signé le 5 septembre à Minsk. «Le mot clé est mise en œuvre, mise en œuvre, mise en œuvre», a plaidé Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.

En début de semaine, Vladimir Poutine avait ordonné le retrait des 17 600 soldats russes déployés le long de la frontière ukrainienne. Mais l’OTAN a affirmé n’avoir pas constaté «de mouvements majeurs et significatifs des troupes vers des casernes». A ce propos, François Hollande et Angela Merkel ont promis de mettre des drones à la disposition de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour surveiller le cessez-le-feu dans l’est de l’Ukraine. La Russie a demandé et obtenu qu’elle y soit associée.

Autonomie acceptée

Comme pour faire preuve de sa bonne foi, le président Petro Porochenko a signé hier le décret promulguant la loi prévoyant une large autonomie aux régions de Donetsk et de Lougansk tenues par les séparatistes pro-russes. C’est une des conditions du cessez-le-feu. «Les lois ukrainiennes y seront appliquées, mais elles tiendront compte des particularités locales», lit-on dans un communiqué de la présidence. Des milices locales pro-russes seront chargées du maintien de l’ordre. Autre concession de Kiev: les territoires autonomes seront sous la responsabilité des autorités locales issues des élections municipales du 7 décembre. La loi prévoit aussi une amnistie des rebelles se trouvant aux mains de la justice ukrainienne.

Commentaire de Vladimir Poutine vendredi réservé aux médias russes: «Les résultats des négociations sont bons.»

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