Plus de 300 manifestants anti-Poutine ont été interpellés dans toute la Russie samedi lors de manifestations organisée par l'opposant Alexeï Navalny, à deux jours de l'investiture de Vladimir Poutine à un quatrième mandat présidentiel, a rapporté l'organisation spécialisée OVD-Info. La police a en outre fait usage de gaz lacrymogène et employé la force pour tenter de disperser la manifestation à Moscou, tandis que des échauffourées ont eu lieu entre partisans de l'opposition et militants pro-Kremlin, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Alexeï Navalny lui-même a été interpellé par la police à Moscou lors d'une manifestation non-autorisée. Des dizaines de manifestants avaient déjà été détenus plus tôt au cours d'autres rassemblements anti-Poutine à travers la Russie, selon l'opposition et des observateurs indépendants. Plusieurs manifestants ont crié «Honte!» en ukrainien au moment où Alexeï Navalny a été emmené par les policiers, en référence à un célèbre slogan du soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev en 2014.

Des échauffourées ont également eu lieu entre les partisans d l'opposant Navalny et des militants pro-Kremlin qui s'étaient eux aussi rassemblé sur la place Pouchkine, dans le centre de la capitale russe. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, plusieurs milliers de personnes ont également participé à une manifestation non-autorisée, scandant «la Russie sera libre!» et «A bas le Tsar!».

Déclaré inéligible en raison d'une condamnation pénale qu'il estime orchestrée par le Kremlin, Alexeï Navalny n'avait pas pu se présenter à l'élection présidentielle du 18 mars, remportée par Vladimir Poutine avec plus de 76% des voix.