Six sites contenant de la pornographie infantile ont déjà été inclus dans le registre fédéral qui réglemente l’activité des sites internet contenant des informations interdites par la loi, indique l’agence russe de surveillance des médias Roskomnadzor dans un communiqué. Un site, zapret-info.gov.ru, publie la liste des sites interdits.

Une loi officiellement pour protéger les mineurs

Approuvée à la mi-juillet par les deux chambres du Parlement russe, cette loi a officiellement pour objectif de protéger les mineurs contre des informations «dangereuses» et vise des sites diffusant de la pornographie à caractère pédophile, faisant la promotion de la consommation de drogue ou donnant des conseils pour se suicider. Elle permet aussi de bloquer des sites jugés «extrémistes» par la justice russe.

Certains craignent que cela ne permette de bloquer des sites de l’opposition, alors que l’Internet est pour l’instant le seul espace de véritable débat politique en Russie. «Malgré les nombreuses critiques exprimées contre cette loi, force est de constater l’absence de toute volonté politique de clarifier ces dispositions contradictoires et d’en éliminer les aspects liberticides», a déploré Reporters sans frontières dans un communiqué.

Protestations de Wikipédia et Yandex

Pour protester contre ce texte, le site russe de Wikipédia avait interrompu pour 24 heures son fonctionnement, et le moteur de recherches Yandex.ru avait affiché sur sa page d’accueil son slogan «Tout sera trouvé» avec le mot «tout» barré d’une croix rouge. La loi avait ensuite été adoucie.

En septembre, le ministre russe des Communications, Nikolaï Nikiforov, avait averti qu’en vertu de cette loi, YouTube pourrait être complètement bloqué en Russie à cause du film anti-islam «Innocence of Muslims» (L’Innocence des musulmans).