Armement 

La Russie souhaite «sauver» le traité nucléaire INF

Au lendemain d’une réunion infructueuse entre diplomates américains et russes à Genève, la Russie a annoncé, ce mercredi, sa volonté de préserver le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire

Face à la détermination des Etats-Unis à quitter, dès février, le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), la Russie a assuré mercredi vouloir «sauver» cet accord datant de la Guerre froide. Elle a appelé les Européens à la soutenir.

«Nous sommes comme toujours prêts à travailler pour sauver le traité» qui interdit les missiles d’une portée variant de 500 à 5500 km, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors de sa conférence de presse annuelle. «J’espère que les pays européens, qui ont peut-être plus d’intérêts là-dedans que n’importe qui d’autres, vont aussi mettre leurs forces pour ne pas coller à la position des Etats-Unis […] et vont essayer de pousser Washington à avoir une position plus responsable», a-t-il dit.

Ultimatum posé par Washington

Pour le chef de la diplomatie russe, les Etats-Unis n’ont jusqu’à présent montré aucune envie d’arriver à un terrain d’entente avec Moscou. Le mois dernier, Washington avait imposé à Moscou un ultimatum de 60 jours pour se conformer au traité INF, sous peine de s’en retirer. La Russie dément des accusations «sans fondement» et a accusé en retour Washington de violer ce traité.

A l’issue de la réunion de Genève, la représentante américaine Andrea Thompson a accusé Moscou d’être toujours en «violation flagrante» du traité, réitérant son ultimatum, tandis que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a estimé que les Etats-Unis seraient «complètement» responsables de sa rupture.

Les missiles 9M729 au cœur du débat

Le traité INF de 1987, en abolissant l’usage des missiles dits de portée intermédiaire, avait mis un terme à la crise des euromissiles déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Le cœur du conflit actuel est le système de missiles 9M729, un missile terrestre pouvant être porteur d’une tête nucléaire et d’une portée supérieure à 500 kilomètres, ce qui le fait tomber sous le coup, selon l’Otan et les Etats-Unis, du traité INF.

Demandes jugées inacceptables par la Russie

Selon Sergueï Riabkov, les demandes des Américains au sujet de ces missiles étaient inacceptables. «Nous avons profité des consultations pour proposer à la partie américaine une série de mesures concrètes sur les fusées 9M729 qui, selon nous, permettraient d’écarter toute suspicion sur la non-conformité à ce traité», a déclaré Sergueï Riabkov. Selon Sergueï Lavrov, l’intransigeance de la position américaine fait peser des risques sur la sécurité du monde. Il a ajouté qu’elle est due à l’incapacité de l’Occident à accepter «la réalité d’un monde multipolaire émergent» et son désir d’imposer sa volonté à la communauté internationale.

Lire aussi: Poutine s’inquiète du risque de guerre nucléaire

Après les premières menaces américaines d’un retrait du traité INF, le président russe Vladimir Poutine avait menacé d’un retour à la course aux armements, promettant que la Russie développera de nouveaux missiles en cas de retrait américain. Il a aussi proposé à de nouveaux pays d’intégrer le traité INF, une allusion à la Chine qui développe des missiles nucléaires bannis par le traité. Mais cette proposition a peu de chance d’être suivie d’effets.

Publicité