La Russie a surpris la communauté internationale en dévoilant jeudi un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant les violences en Syrie perpétrées par «toutes les parties», selon une copie du texte que l’AFP a pu consulter.

La résolution condamne la violence perpétrée «par toutes les parties, y compris l’usage disproportionné de la force par les autorités syriennes». Le projet s’inquiète aussi de «l’approvisionnement en armes, illégal, des groupes armés en Syrie».

Un «événement extraordinaire» selon Paris

L’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud, a immédiatement salué dans un communiqué «un événement extraordinaire puisque la Russie a enfin décidé de sortir de son inaction et de nous présenter une résolution sur la Syrie».

«Le texte qui nous est présenté est un texte qui mérite évidemment beaucoup d’amendements car il est déséquilibré. Mais c’est un texte sur la base duquel nous allons négocier», a-t-il ajouté.

Un autre diplomate occidental a estimé, sous couvert d’anonymat, que le texte est «pour l’instant, de notre point de vue, déséquilibré».

Alors que selon l’ONU, plus de 5.000 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations en Syrie depuis le mois de mars, le Conseil de sécurité n’a pas réussi jusqu’à maintenant à se mettre d’accord sur une résolution qui condamnerait le régime du président Bachar el-Assad.

La Russie, qui occupe ce mois-ci la présidence tournante du Conseil, a usé de son veto le 4 octobre pour torpiller un projet de résolution. La Chine avait également utilisé son veto.

Le chef de l’ONU Ban Ki-moon avait prévenu mercredi que «cela ne peut plus durer», en faisant référence à la répression en Syrie, estimant qu’il était «temps» que la communauté internationale agisse. «Plus de 5.000 personnes sont mortes en Syrie. Cela ne peut plus durer. Au nom de l’humanité, il est temps que la communauté internationale agisse», a déclaré le secrétaire général de l’ONU lors d’une conférence de presse.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent tenir une réunion urgente samedi au Caire pour répondre à la proposition de la Syrie d’admettre des observateurs sur son sol en échange de la fin des sanctions décidées par la Ligue.

Washington «prêt à travailler» avec la Russie

Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Russie sur son projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant les violences en Syrie, a annoncé jeudi la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Le texte contient en l’état «des éléments que nous ne pourrions pas soutenir», a-t-elle précisé, en mentionnant «l’apparente parité» entre les forces de l’ordre syriennes et l’opposition dans le texte soumis par la Russie.