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Le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton, lors de sa conférence de presse à la mission américaine. Genève, 23 août 2018.
© Martial Trezzini / Keystone

Diplomatie

Russie-Etats-Unis: une rencontre pour rien à Genève

Les conseillers à la sécurité russe et américain se sont réunis durant cinq heures. Sans aucun résultat tangible

Au terme de cinq heures de discussion à la mission américaine auprès de l’ONU, jeudi à Genève, les conseillers à la sécurité nationale russe et américain ont constaté qu’ils étaient dans l’«incapacité» de produire une déclaration commune. John Bolton, l’envoyé de Donald Trump, a évoqué, lors d’une conférence de presse, un problème de temps. Son homologue russe, Nikolaï Patrouchev, a précisé à la presse de son pays, séparément, que la question de «l’ingérence russe» dans les élections avait bloqué la publication d’un tel document.

Aucune négociation en cours

L’Américain voulait mentionner le sujet. Le Russe s’y refusait s’il n’était pas fait également mention de «l’ingérence américaine dans le processus électoral russe». On en est resté là. Malgré les efforts des présidents Vladimir Poutine et Donald Trump pour rétablir le dialogue, les relations russo-américaines restent au plus bas et constamment empoisonnées par les soupçons de collusion entre Moscou et l’équipe de Donald Trump lors de sa course à la présidence. Si John Bolton a expliqué que «beaucoup de progrès» ont été faits, il a bien dû reconnaître qu’on en est au tout début des discussions et qu’aucune négociation n’est actuellement en cours entre les deux pays. Après le sommet d’Helsinki, mi-juillet, cette réunion de suivi a permis d’évoquer divers dossiers en lien avec la sécurité, de la Syrie à l’Ukraine en passant par le contrôle des armements. Les deux parties prévoient de se réunir une prochaine fois à Washington, mais sans qu’une date ait été fixée.

Blocage sur le contrôle des armes

Parmi les priorités des Etats-Unis, la question du retrait de «toutes les forces iraniennes» de Syrie a été longuement évoquée. La Russie, Israël, la France et l’Allemagne proposeraient, selon les dires de John Bolton, un retrait iranien en échange de la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien. Washington ne veut pas en entendre parler. «Nous voulons mettre une pression maximale sur l’Iran pour renégocier l’accord sur le nucléaire», a indiqué le conseiller à la sécurité nationale américain.

Autre blocage: le contrôle des armements et le sort réservé au traité de réduction des armes nucléaires (New Start). Dans ce cas précis, John Bolton reconnaît que c’est à son administration de trancher d’abord sur cette question avant de pouvoir exposer «en toute transparence» la position des Etats-Unis. «Une perspective encore lointaine», a-t-il ajouté. Une des voix les plus critiques de l’ONU lorsqu’il officiait au sein de l’administration de George W. Bush, le néoconservateur John Bolton a expliqué que «c’était une priorité constante des Etats-Unis d’avoir un système des Nations unies plus efficace». Sans nommer le Conseil des droits de l’homme, que les Etats-Unis viennent de quitter, il a ajouté qu’il voulait voir «les agences de Genève respecter leur mandat pour une meilleure coopération au sein de l’ONU».

Nomination prochaine d'un ambassadeur

Interrogé sur l’absence d’ambassadeur américain à Genève depuis bientôt deux ans, John Bolton a répondu qu’il s’agit d’une priorité mais que «les processus de nomination sont très complexes». Il entend toutefois que cela soit réglé avant les élections de mi-mandat. «De toute évidence, il est aussi important d’avoir quelqu’un ici. On y travaille.» Toujours en conférence de presse, à l’évocation de la disparition de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, un homme auquel il s’était durement confronté lorsqu’il était ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton a expliqué que c’était «triste pour la famille, les amis et la communauté de l’ONU», sans autre commentaire.

Au vu des démêlés judiciaires d’anciens proches de Donald Trump ces derniers jours, John Bolton a enfin été sollicité pour savoir s’il ne craignait pas que son propre président soit un «risque sécuritaire» pour son pays. «Question stupide», a rétorqué le conseiller à la sécurité nationale en précisant qu’il avait «foi dans le choix des Américains». L’équipe de John Bolton a aussitôt signifié à la correspondante qui avait posé cette question qu’il ne parlerait plus avec son média.

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