Hasard de calendrier: alors que revient dans les mémoires en Suisse l'épisode du Platzspitz avec le film de Pierre Monnard, la Commission mondiale de politique sur les drogues, basée à Genève, annonce que Ruth Dreifuss quitte sa présidence. Après quatre ans à la piloter, elle va rester membre de l'instance. L'ex-première ministre néo-zélandaise Helen Clark lui a succédé dès ce mercredi.

L'ancienne présidente de la Confédération avait elle-même remplacé en 2016 son ex-homologue brésilien Fernando Henrique Cardoso qui avait pris la tête de la Commission au moment de son lancement en 2011.

Des postures critiques

Les 26 membres, surtout des anciens dirigeants mondiaux et plusieurs Prix Nobel, cherchent à inciter les différents gouvernements à approuver des politiques des drogues centrées sur les êtres humains, la santé et les droits de l'homme. Ils dénoncent notamment les effets négatifs des interdictions et des détentions à l'égard des consommateurs. Dans un rapport récent, ils avaient appelé à cibler les trafiquants liés au crime organisé.

Notre revue de presse historique de ce mercredi: La parabole du Platzspitz, scène ouverte de la drogue à Zurich, il y a trente ans


Quelques interventions de Ruth Dreifuss sur ces sujets


Des débats sur une réforme

Ruth Dreifuss va rester membre de la Commission. Celle-ci salue, sous sa présidence, l'arrivée de nouvelles personnalités au sein de l'instance, la consolidation du secrétariat à Genève ou encore le lancement de commissions régionales indépendantes. D'importants partenariats ont aussi été conclus.

Helen Clark, qui a récemment accepté de coprésider l'évaluation indépendante de la réponse de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des Etats à la pandémie, avait rejoint la Commission en 2017. Cette institution «a ouvert le débat sur la réforme des politiques des drogues» alors que cette question était encore «explosive», estime l'ancienne première ministre.

«Non seulement les sociétés débattent de la réforme, mais elles sont passées à la mise en œuvre», ajoute-t-elle, saluant les efforts de Ruth Dreifuss. «La Commission est entre de bonnes mains», a estimé de son côté l'ancienne présidente de la Confédération.