Golfe Persique

Sabotage de navires: un Etat responsable mais pas de preuve que ce soit l'Iran 

Une enquête des Emirates arabes unis, de l'Arabie saoudite et de la Norvège présentée au Conseil de sécurité de l'ONU jeudi a conclu que le sabotage de quatre pétroliers au mois de mai était imputable à un «acteur étatique»

Une enquête multinationale sur le sabotage le 12 mai de quatre pétroliers a conclu à la responsabilité probable d'un «acteur étatique». Aucune preuve ne permet à ce stade de dire qu'il s'agit de l'Iran, ont indiqué jeudi 6 juin les Emirats Arabes Unis. Les investigations se poursuivent.

Cette enquête a été menée par les Emirats avec le concours de l'Arabie saoudite et de la Norvège. Ses résultats préliminaires ont été présentés dans la journée aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU lors d'une réunion informelle organisée par la mission émiratie auprès des Nations unies.

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Les Etats-Unis ont accusé l'Iran d'être «très vraisemblablement» derrière ces sabotages, au moyen présumé de mines iraniennes et avec l'objectif selon eux de faire monter les prix du pétrole, alors que Washington tente d'empêcher avec des sanctions Téhéran d'exporter son pétrole. L'Iran a rejeté toute implication.

Les quatre navires - deux bateaux battant pavillon saoudien, un sous pavillon norvégien et un sous pavillon émirati - ont été endommagés par des explosions survenues dans les eaux territoriales émiraties, près du port de Fujairah.

«Opération sophistiquée»

«Bien que les investigations soient toujours en cours, il y a de fortes indications que les quatre attaques sont intervenues dans le cadre d'une opération sophistiquée et coordonnée menée par un acteur doté de fortes capacités opérationnelles, vraisemblablement un acteur étatique», souligne un communiqué conjoint des Emirats, de l'Arabie et de la Norvège.

Les premières conclusions indiquent qu'il est «très probable» que les sabotages ont été commis au moyen de mines Limpet, posées grâce à des aimants sur la coque des navires par des plongeurs ayant utilisé des vedettes rapides. Il fallait des capacités de renseignement pour choisir les cibles alors que les navires n'étaient pas positionnés au même endroit, estiment les Emirats.

Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis n'ont cessé de monter depuis le retrait unilatéral américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

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