Afrique

Au Sahel, les otages libérés

L’assaut d’un campement djihadiste par l’armée française au Burkina Faso a coûté la vie à deux soldats

La contagion djihadiste dans le delta du Niger semble bien être l’arrière-plan de la libération, jeudi, par l’armée française de quatre otages détenus dans un campement du nord du Burkina Faso, à la frontière du Mali.

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L’intervention nocturne des forces spéciales françaises a permis de libérer les deux touristes français enlevés le 1er mai dans le parc de la Pendjari, dans le nord du Bénin, et deux autres personnes enlevées par les mêmes ravisseurs: une Américaine et une Sud-Coréenne. Deux soldats des forces spéciales françaises ont été tués lors de l’assaut alors qu’aucune revendication des prises d’otages n’avait encore été rendue publique par les groupes locaux affiliés à Al-Qaida et à l’Etat islamique. Emmanuel Macron accueillera samedi les ex-détenus à l’aéroport de Villacoublay et une cérémonie d’hommage sera organisée la semaine prochaine pour les militaires décédés.

Le lien entre ce kidnapping et la situation toujours très instable au Sahel paraît établi. Le campement où les quatre otages étaient retenus prisonniers, repéré par les moyens de surveillance satellitaires américains et situé à près de 800 km du parc de la Pendjari, est un de ces nombreux sites de transit utilisés par les groupes armés pour faire la navette entre le nord du Mali, où les groupes djihadistes restent très actifs, et le delta du Niger et l’Afrique de l’Ouest, d’où proviennent les produits de contrebande et leurs ressources financières.

Le Sahel, une zone qui échappe à la surveillance

Ces campements nomades échappent régulièrement à la surveillance des troupes françaises stationnées dans la bande sahélienne dans le cadre de l’opération «Barkhane» (environ 3000 hommes, basés surtout au Burkina Faso et au Tchad). Ce dispositif a remplacé en août 2014 l’opération «Serval» de reconquête du Nord-Mali déclenchée en janvier 2013 pour contrer l’offensive du mouvement djihadiste Ansar Eddine sur Bamako, après la chute de Tombouctou, Kidal et Gao en 2012.

La stabilisation précaire du Nord-Mali et de l’immense bande sahélienne dépend aujourd’hui de la force multinationale du G5 Sahel (environ 10 000 soldats du Burkina Faso, du Niger, de Mauritanie, du Tchad et du Mali). Mais la capacité de déplacement des rebelles demeure un écueil. Tandis que, au sud du Sahel, la volonté d’ouverture touristique des autorités du Bénin a sans doute minoré le risque sécuritaire dans les zones frontalières difficiles à contrôler.

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