Salah Abdeslam, ou une radicalisation islamique si ordinaire. Difficile, à entendre le principal accusé du procès des attentats parisiens du 13 novembre 2015 répondre aux questions de la Cour d’assises spéciale, de croire que ce trentenaire est le seul survivant des commandos responsables d’une tuerie de masse qui a coûté la vie à 130 personnes. Difficile aussi de juxtaposer l’image de ce prévenu parlant clair, calmement et sans invectiver les magistrats ou les gendarmes, avec celles de l’homme qui, lors de son premier procès en Belgique en février 2018, s’était muré dans un silence agressif. Voire avec l’homme qui, lors de l’ouverture de ce procès spécial, avait répondu par cette phrase lors de l’appel des accusés: «Tout d’abord, je tiens à témoigner qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, que Mohamed est son serviteur et son messager.»