«Salah Abdeslam, 1m 75, yeux marron, 26 ans. Si vous disposez d’informations permettant de le localiser, contacter immédiatement le 197. Individu dangereux. Surtout n’intervenez pas vous-même. » Cet avis concerne l’homme le plus recherché en France, mais surtout en Belgique où il serait revenu samedi matin après avoir participé la veille aux attentats de Paris. La police antiterroriste belge s’est mise sur sa piste lundi à Molenbeek, l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, désormais connue comme la base arrière du terrorisme européen. La descente des lieux a été infructueuse. En réalité, plusieurs perquisitions ont eu lieu hier dans la capitale belge, mais aucune arrestation n’a abouti.

En revanche, cinq des sept personnes interpellées durant le week-end dernier ont retrouvé la liberté. Deux ont été inculpées du chef d’attentat terroriste en France et participation aux activités d’un groupe terroriste. Les deux individus seraient le propriétaire et le convoyeur de la Polo contrôlée samedi à la frontière belge, revenant de France et retrouvée dans la journée à Molenbeek. Elles ont été placées en détention provisoire.

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Les recherches se poursuivent donc pour localiser Salah Abdeslam qui se trouverait en Belgique. Il est soupçonné d’avoir participé directement à la tuerie de vendredi dans la capitale européenne. Il en serait même le chef de file. Son frère Ibrahim, 31 ans, a été identifié comme l’un des kamikazes qui s’est fait exploser dans un café parisien au boulevard Voltaire après avoir commis son forfait.  Il serait aussi celui qui avait loué  la Seat, deuxième voiture utilisée par les terroristes. Celle-ci a été retrouvée abandonnée  à Montreuil.

«Attitudes normales»

Mohamed, un autre frère de Salah, avait été arrêté samedi à Molenbeek. Il a été relâché lundi après avoir fourni alibi selon lequel il n’a pas quitté le territoire belge vendredi dernier.  Libre de ses faits, il a expliqué hier qu’il n’avait rien remarqué de particulier chez ses deux frères. «Absolument rien, a-t-il dit. Deux frères aux attitudes normales.» Selon la presse belge, les trois frères sont nés et vivent à Molenbeek, mais disposent de la nationalité française. Un fait connu avéré: les frères Ibrahim et Salah se sont faits les armes au sein de l’Etat islamique en Syrie.

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Salah Abdeslam serait, selon la presse belge, un ami d’enfance d’Abdelhamid Abaaoud, cadre de l’Etat islamique en Syrie et présumé commanditaire des attentats de Paris.  Les deux Molenbeekois seraient restés en contact en permanence. C’est ce qui a vraisemblablement fait dire au président français François Hollande hier que «les attentats ont été planifiés en Syrie et organisés en Belgique».

Le quotidien populaire belge DH (Dernier Heure) affirme que Salah Abdeslam était salarié de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) jusqu’en 2011. Depuis, il était sans emploi. Selon l’un de ses amis interviewé par le quotidien, «Salah cherchait un emploi, adorait le foot et vivait sa petite vie comme tous les jeunes.  Je ne l’ai jamais vu s’énerver. C’est un type posé qui est apprécié par les filles.» Et d’ajouter : Si lui est capable de cela, alors tous mes potes en sont capables aussi.»  Selon son ami, Salah fumait un petit pétard de temps en temps, mais ne consommait jamais d’alcool. Un voisin des Abdeslam qui louaient un appartement près de la Place communale à Molenbeek a qualifié le jeune homme de « timide et respectueux».