Les virulentes et inhabituelles critiques d'Angela Merkel contre les «primes fantaisistes» des dirigeants allemands ont été éclipsées mardi par l'annonce du groupe de distribution postal PIN qu'il allait supprimer 1000 emplois (sur un total de 9000 employés) à la suite de la décision de la grande coalition d'étendre le salaire minimum (de 8 à 9,80 euros) à toute la branche.

Alors que l'Allemagne devrait libéraliser totalement le secteur postal au 1er janvier 2008, les adversaires du salaire minimum dénoncent une mesure protectionniste en faveur de la Poste et un barrage à la concurrence. Alors que la chancelière martelait au congrès de la CDU à Hanovre que «seul ce qui crée de l'emploi est social», l'annonce par les entreprises postales privées d'une remise en cause de leurs activités, voire de licenciements, confirme aux yeux des milieux patronaux les effets destructeurs d'une généralisation du salaire minimum. Ils estiment que la décision menace de 20000 à 60000 emplois dans une branche où la concurrence est déjà très vive.

Pour les syndicats, qui parlent de chantage de la part de PIN pour contraindre le parlement à reculer, sans un seuil imposé pour les salaires, l'arrivée de nouveaux concurrents risquait de toute manière de supprimer 33000 emplois à la Poste. Angela Merkel a estimé qu'en raison du rôle de pionnier de l'Allemagne dans la libéralisation des lettres, alors que le monopole demeure ailleurs en Europe, «il y avait un devoir de protection».